REGIONALES-Sarkozy à quitte ou double face au Front national

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    * Le chef des Républicains radicalise son discours 
    * Il balaye désormais tout débat sur la ligne de LR 
    * La contestation monte dans les rangs du parti 
    * Sarkozy prend le risque d'une rupture avec l'UDI 
 
    par Sophie Louet 
    PARIS, 9 décembre (Reuters) - Nicolas Sarkozy, contraint de 
défendre sa légitimité à la tête des Républicains depuis le 
camouflet subi au premier tour des régionales, se raidit face à 
la critique et persiste dans sa stratégie droitière en balayant 
un débat qui "n'a aucun sens". 
    L'ancien chef de l'Etat le sait, la campagne pour 
l'investiture présidentielle à droite n'attendra plus 2016 : dès 
dimanche soir, à l'issue d'un second tour qui s'annonce délicat 
pour les Républicains et leurs alliés centristes, les hostilités 
seront ouvertes. Avec le perdant de 2012 en ligne de mire. 
    Nicolas Sarkozy a donc décidé de défier sans attendre ses 
principaux adversaires à la primaire -- Alain Juppé, François 
Fillon, Bruno Le Maire, qui dénoncent chacun à leur manière les 
dérives de la droite "décomplexée". 
    Ainsi mardi soir, lors d'un meeting de soutien à Virginie 
Calmels, chef de file LR-UDI-MoDem en 
Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, a-t-il préempté les thèmes 
du Front national pour tenter de conquérir, ou reconquérir, les 
quelque six millions  d'électeurs qui l'ont placé en tête dans 
six régions. 
    "Le vote FN n'est pas immoral", a-t-il lancé alors qu'à ses 
côtés l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, avocat des 
centristes de LR, alertait contre le danger de "courir derrière 
le Front national".   
    Les propos de Nicolas Sarkozy ont fait bondir les tenants de 
la ligne modérée au sein des Républicains mais aussi les 
centristes de l'UDI. 
    Mercredi sur France Inter, le président des Républicains a 
poursuivi sur cet argumentaire, auquel plusieurs hauts 
responsables de l'ex-UMP imputent la défaite de 2012, et a même 
repoussé le débat réclamé par les caciques du parti alors qu'il 
avait convenu de sa nécessité mardi devant les députés de LR. 
    "Le débat sur la ligne n'a aucun sens, parfois je me demande 
si on vit sur la même planète", a-t-il dit. "La question n'est 
en rien une question de ligne pour savoir si on est plus à 
droite ou plus au centre, la question c'est (...) est-ce qu'on 
peut s'en sortir?" 
    "Voulez-vous me dire le nombre de fois où M. Hollande, 
président de la République socialiste a reçu Mme (Marine) Le 
Pen? Si c'était immoral, pourquoi l'aurait-il reçue?" 
     
    "MAIS QU'ILS SE TAISENT" 
    L'ancien ministre Xavier Bertrand, qui affronte dimanche en 
duel la présidente du FN en Nord-Pas-de-Calais-Picardie après le 
retrait des listes socialistes au nom du "front républicain", a 
laissé éclater son exaspération mercredi sur Europe 1 : "Mais 
qu'ils se taisent bon sang!" ( ID:nL8N13Y1HA ) 
    "Il a un devoir, Nicolas Sarkozy : c'est, dans la même 
phrase, de dire que les dirigeants du FN, que Mme Le Pen, a un 
comportement immoral", a-t-il ajouté. 
    Marine Le Pen a moqué sur Europe 1 la stratégie à géométrie 
variable des Républicains. 
    "Au même moment où Nicolas Sarkozy essaie de draguer les 
électeurs du FN, Xavier Bertrand et Christian Estrosi (en 
Provence-Alpes-Côte d'Azur face à Marion-Maréchal Le Pen-NDLR) 
font un virage à gauche au point, même si l'un est motocycliste, 
de se retrouver dans le décor." 
    Des députés LR, de retour de leur circonscription où les 
électeurs grondent, s'inquiètent d'une attitude "suicidaire". 
    "Maintenant ça suffit, il faut absolument changer de 
stratégie : cette semaine on la ferme, mais à partir de lundi, 
il va vraiment falloir entrer dans le vif du sujet", a dit l'un 
d'eux à Reuters, sous le sceau de l'anonymat. 
    Nicolas Sarkozy prend aussi le risque de s'aliéner les 
centristes, dont le renfort est essentiel pour la présidentielle 
de 2017, même si les candidats de l'UDI ont réalisé des 
contre-performances au premier tour des régionales. 
    "Moi je ne juge pas la moralité d'un bulletin de vote ou 
d'un électeur", a prévenu mercredi sur RFI le président de 
l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, qui s'est déjà opposé à Nicolas 
Sarkozy sur la doctrine du "ni ni" (ni fusion, ni retrait des 
listes au second tour). "Le programme du Front national n'est 
pas moral", a-t-il souligné. 
    "Plus on droitise le discours, a-t-il jugé, plus on valide 
les thèses absurdes de l'extrême droite." "Je pense que c'est 
une erreur". 
 
 (avec Marine Pennetier et Emile Picy, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • M3121282 le mercredi 9 déc 2015 à 16:12

    le pays est bien malade avec ces politiques étriqués

  • M3121282 le mercredi 9 déc 2015 à 16:07

    Monsieur "je ne mentirai pas aux français" ne sais faire que cela

  • delapor4 le mercredi 9 déc 2015 à 15:57

    On sait, malheureusement, qu'avec Sarkozy les coups de menton ne sont pas suivis dans les actes. Bye bye le trompeur !