REGIONALES-Queyranne tente de résister à l'offensive Wauquiez

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    * L'ancien ministre socialiste brigue un 3e mandat 
    * Wauquiez en campagne "sécuritaire" après les attentats 
    * Le FN compte tirer parti d'une dynamique favorable 
 
    par Catherine Lagrange 
    LYON, 29 novembre (Reuters) - Une mission délicate attend le 
socialiste Jean-Jack Queyranne dans la nouvelle région 
Auvergne-Rhône-Alpes, où la droite a dépêché Laurent Wauquiez, 
qui multiplie les propositions sécuritaires depuis les attentats 
du 13 novembre. 
    Douze départements composent cette région qui pèse 11,4% du 
PIB national autour de Lyon, capitale régionale, des Alpes au 
Cantal et du Beaujolais à l'Ardèche, soit près de huit millions 
d'habitants sur une superficie de 68.711 km2. 
    Selon un sondage publié le 26 novembre dans Le Progrès, le 
deuxième tour s'annonce très serré. 
    La liste PS-PRG de Jean-Jack Queyranne, ancien ministre de 
Lionel Jospin et président sortant de Rhône-Alpes (depuis 2004), 
qui brigue un troisième mandat régional, est créditée de 37% des 
voix, le même score que le candidat LR-UDI-MoDem. Le Front 
national obtiendrait 26%. 
    La gauche se lance très divisée dans la bataille. 
    Les écologistes et le Front de gauche présentent leurs 
propres listes sous la conduite de Jean-Charles Kohlaas, tandis 
que Cécile Cukierman emmène les listes communistes. 
    Jean-Jack Queyranne bénéficie toutefois du soutien actif de 
la ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, une 
des stars locales du gouvernement socialiste. 
    Il mise sur son bilan dans une région à l'économie prospère 
et travaille à l'intégration des quatre départements auvergnats. 
    Face à lui, c'est l'une des figures de l'aile droitière des 
Républicains, le secrétaire général Laurent Wauquiez, qui entend 
tirer profit de l'impopularité de la majorité présidentielle. 
    Engagé très tôt dans le combat, il avait fait de la lutte 
contre "le gaspillage" de l'argent public un thème central de sa 
campagne avant de la réorienter sur les questions sécuritaires 
après les attentats de Paris. 
     
    "BOUCLIER DE SÉCURITÉ" 
    L'ancien ministre de Nicolas Sarkozy, dont Jean-Jack 
Queyranne dénonce la "droitisation extrême", a proposé de créer 
un "bouclier de sécurité" régional pour renforcer la sécurité 
dans les gares, les trains, et les lycées avec l'installation de 
vidéosurveillance et de portiques. 
    Le député-maire du Puy-en-Velay entend aussi sécuriser les 
nombreux sites industriels classés Seveso, et lutter contre la 
radicalisation islamiste, considérant que cette région est "la 
deuxième de France pour les signalements pour radicalisation". 
    Il prône la fermeture des sites identifiés comme salafistes, 
mais également l'assignation à résidence et le port du bracelet 
électronique pour les détenteurs d'une "fiche S". 
    Malgré ses prises de position conservatrices, Laurent 
Wauquiez, opposant au mariage homosexuel, a réussi à rallier à 
sa candidature les centristes en intégrant sur ses listes des 
personnalités du MoDem et de l'UDI. 
    Il s'est également entouré de quelques têtes d'affiche 
politiques comme Brice Hortefeux ou Louis Giscard d'Estaing. 
    Le chef de file du Front national Christophe Boudot, 
successeur régional de Bruno Gollnisch, compte profiter de la 
dynamique favorable au FN à l'échelle nationale. 
    Persuadé qu'il devancera les listes de Jean-Jack Queyranne 
et Laurent Wauquiez au premier tour, il a déjà constitué un 
"shadow cabinet" ("cabinet fantôme") en recrutant notamment une 
personnalité du centrisme lyonnais, "déçue de la droite" : 
Pierre Delacroix, médecin humanitaire et élu UDI de Lyon. 
 
 (Edité par Sophie Louet) 
 
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