REGIONALES-PORTRAIT-Wallerand Saint-Just, le pari du FN en Ile-de-France

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    * Un quasi inconnu élu au Conseil régional de Picardie 
    * Les sondages le créditent d'environ 20%, voire plus 
 
    PARIS, 29 novembre (Reuters) - Wallerand de Saint-Just n'a 
pas le verbe haut de Marine Le Pen, ni la notoriété de Florian 
Philippot. C'est pourtant à ce quasi inconnu du grand public que 
le Front national (FN) a confié la tâche de le ramener au 
conseil régional d'Ile-de-France. 
    Cet avocat de formation, jusque-là élu au conseil de 
Picardie, fait désormais campagne dans la région capitale, où le 
parti d'extrême droite a échoué en 2010 à moins de 10%, le seuil 
requis pour franchir le premier tour et obtenir des élus. 
    Il est aujourd'hui en passe d'y parvenir: les sondages le 
créditent d'environ 20% des voix le soir du 6 décembre, voire un 
peu plus, et les intentions de vote en sa faveur progressent 
régulièrement, enquête après enquête. 
    Certaines le placent au coude-à-coude au premier tour avec 
le socialiste Claude Bartolone, qui jouit d'un statut d'ancien 
ministre et de président de l'Assemblée nationale en exercice. 
    S'ils se confirment, ces résultats permettront à Wallerand 
de Saint-Just de réussir à 65 ans son atterrissage en 
Île-de-France, après un revers aux municipales à Paris l'année 
dernière: il n'avait séduit que 6,26% des électeurs. 
    Depuis son entrée en campagne, il a attiré l'attention avec 
des déclarations inattendues: en septembre, il disait sur France 
3 viser l'électorat "swag" -- un néologisme en usage chez les 
adolescents qui désignent par là une forme d'élégance. 
    Sur Twitter, il a jugé à la suite des attentats du 13 
novembre que "les politiques et intellectuels en place depuis 
des décennies (étaient) bien plus responsables (...) que les 
assassins". 
     
    PHYSIQUE BONHOMME 
    Il a notamment évoqué la responsabilité que portent d'après 
lui deux de ses rivaux aux régionales, Claude Bartolone et la 
tête de liste d'Europe Ecologie-Les Verts, Emmanuelle Cosse. 
    Pour se faire connaître, il joue également de son physique 
bonhomme et particulièrement de sa barbe blanche, dont le dessin 
stylisé sur fond bleu est devenu un logo apposé sur le 
coupe-vent qu'il arbore lors de ses déplacements.    
    Wallerand de Saint-Just est en train de sortir de l'ombre, 
celle des couloirs du siège du FN, où il a longtemps occupé un 
bureau proche de celui de Jean-Marie Le Pen. 
    Depuis son adhésion au 1987, cet ex-partisan du président 
déchu, devenu un soutien fidèle de Marine Le Pen, a grimpé dans 
la hiérarchie, jusqu'à figurer dans les principales instances du 
parti -- bureau exécutif, bureau politique et comité central.    
    Il a défendu Jean-Marie Le Pen ou Bruno Gollnisch devant les 
juges et demeure le trésorier national de la formation, ce qui 
lui vaut depuis septembre une mise en examen dans l'enquête sur 
le financement des campagnes du parti en 2012. 
    Wallerand de Saint-Just, qui dénonce une "espèce de 
mascarade", a estimé au moment de sa mise en examen que cette 
nouvelle n'aurait aucune incidence sur sa candidature. Pour 
l'instant, elle ne l'empêche pas de se faire un nom. 
       
    LIRE également: 
    * Le FN cible le vote des banlieues et des musulmans en 
Ile-de-France   
 
 (Simon Carraud, avec Gérard Bon, édité par Yves Clarisse) 
 
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