REGIONALES-PORTRAIT-Virginie Calmels, un Ovni de la politique

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    * Une novice en politique 
    * Elle dirigea Endemol, temple de la téléréalité 
    * Elle veut gérer la région en chef d'entreprise 
 
    par Claude Canellas 
    BORDEAUX, 29 novembre (Reuters) - Chef d'entreprise au 
parcours brillant, Virginie Calmels, une novice de 44 ans entrée 
en politique il y a 18 mois, défie sur ses terres, la région 
Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, le ténor socialiste Alain 
Rousset. 
    Un sondage Ifop réalisé du 20 au 24 novembre crédite le 
député de Gironde, à la tête de l'Aquitaine depuis 1998 et 
président de l'Association des régions de France, de 28% au 
premier tour comme son adversaire. Au second tour, Virginie 
Calmels s'inclinerait avec 35% contre 39% à Alain Rousset. 
    Rien ne prédestinait à une carrière politique cette femme 
pressée et ambitieuse, qui fut notamment patronne d'Endemol 
France, société de production de téléréalité, et préside 
actuellement le conseil de surveillance d'Euro Disney. 
    "Le hasard de la vie a fait que j'ai eu une proposition en 
juin-juillet 2013 d'Alain Juppé de rejoindre son équipe aux 
municipales alors que j'étais en train de créer et développer ma 
propre entreprise", explique la chef de file des listes Les 
Républicains-UDI-MoDem. 
    Après les municipales de 2014, le maire de Bordeaux en fait 
sa dauphine en la nommant première adjointe chargée de 
l'économie, de l'emploi et de la croissance durable, puis à la 
vice-présidence de Bordeaux-Métropole. 
    Native de Bordeaux où elle a vécu ses six premières années, 
Virginie Calmels est la fille d'un "pied-noir" d'Algérie, 
viticulteur dans l'Oranais, qui se tourna ensuite vers 
l'Armagnac dans le Gers puis l'imprimerie en Charente, et d'une  
pupille de la nation qui fut conseillère en droit social à la 
Chambre de commerce de Versailles. 
    Après HEC à Paris, Sup de Co à Toulouse, travaillant en 
parallèle dans un cabinet d'audit -- ce qui lui permit d'obtenir 
un diplôme d'expertise comptable et de commissariat aux comptes 
--, elle a rejoint l'Insead de Nantes. 
    En 1998, elle est nommée directrice financière de la société 
qui deviendra plus tard Numericable puis l'année suivante chez 
Sky Gate à Amsterdam, une start-up dans le secteur de la haute 
technologie satellitaire. 
     
    BUSINESS PLAN 
    La course de haies se poursuit à partir de 2000 dans le 
groupe Canal+ où elle occupe successivement les postes de 
directrice financière, directrice générale adjointe et 
directrice générale déléguée de la chaîne. 
    En 2003, Virginie Calmels devient directrice générale du 
groupe Endemol France, dont elle devient présidente en 2007, 
fonction à laquelle elle ajoute la direction générale d'Endemol 
Monde. 
    Entre-temps elle est devenue administratrice de la société 
Iliad (Free) et de Technicolor et membre du conseil de 
surveillance d'Euro Disney qu'elle préside depuis janvier 2013, 
seule fonction qu'elle garderait si elle était élue. 
    "On est dans un monde où jusque-là chaque année, 
globalement, j'avais des promotions. C'est le monde de la 
méritocratie", souligne Virginie Calmels, qui aimerait mettre ce 
précepte en application au conseil regional. 
    Développer la formation professionnelle tout au long de la 
vie et instaurer une véritable politique de ressources humaines 
sont au nombre de ses objectifs. 
    "J'ai fait un 'business plan'. Je ne sais pas comment on 
peut faire sans ça. C'est la moindre des choses quand on veut 
présider une collectivité qui gère 2,7 milliards d'euros par an 
et qui a 8.000 agents", dit-elle avec la conviction que tout 
doit être géré comme une entreprise. 
    Elle promet donc un plan de réduction des dépenses de 
fonctionnement et le non-remplacement des fonctionnaires partant 
à la retraite, l'arrêt d'investissements "coûteux et inutiles" 
pour réorienter les sommes vers les aides aux petites 
entreprises créatrices d'emplois, les routes, tout en baissant 
la fiscalité. 
    Pour démontrer sa volonté d'agir, elle s'est baptisée "La 
Dame de faire", un clin d'oeil au Premier ministre conservateur 
britannique Margaret Thatcher. 
 
 (Edité par Sophie Louet) 
 
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