REGIONALES-PORTRAIT-Dupont-Aignan, petit candidat et grands espoirs

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    * Il est crédité de 4% à 8% en Ile-de-France 
    * Il veut croire au second tour 
    * Son ambition est de "sauver la France" 
 
    par Simon Carraud 
    PARIS, 29 novembre (Reuters) - Voilà plusieurs années que 
Nicolas Dupont-Aignan annonce des "surprises" aux élections 
successives et il ne déroge pas à cette règle à l'approche des 
régionales des 6 et 13 décembre. 
    Le président de "Debout la France", tête de liste de sa 
formation en Ile-de-France, prédit qu'il sera présent au second 
tour, alors même que les sondages le créditent de 4% à 8% des 
intentions de vote, à quelques points des 10% requis.  
    L'ex-candidat à la présidentielle -- il a obtenu moins de 2% 
des voix en 2012 -- représente malgré tout un caillou dans la 
chaussure de Valérie Pécresse, chef de file des Républicains 
(LR) et des centristes de l'UDI et du MoDem. 
    Si Nicolas Dupont-Aignan réussit son pari et se hisse bien 
au second tour, il empêchera la députée des Yvelines de faire le 
plein de voix à droite. Et s'il échoue, ses consignes de vote au 
soir du premier tour pourraient peser sur l'issue du second. 
    Car le dénouement est indécis: les sondages ne donnent à la 
liste de Valérie Pécresse qu'une maigre avance sur celle de son 
rival socialiste, Claude Bartolone, au second tour. 
    "On se concentre sur les solutions qu'on propose", assure 
Jérôme Chartier, député LR du Val-d'Oise et membre de l'équipe 
rapprochée de Valérie Pécresse, laquelle a pourtant évoqué "une 
faute morale et politique" de Nicolas Dupont-Aignan. 
    "Il s'engage dans cette campagne uniquement aujourd'hui avec 
l'intention de faire perdre la droite et le centre", a-t-elle 
déclaré début novembre.     
    Nicolas Dupont-Aignan, 54 ans, sera donc l'un des arbitres 
de ces régionales.  
    Mais lui se donne une mission plus grande: "Sauver la 
France."  
    "C'est vachement dur, je fais l'ascension par la face Nord. 
Mais en même temps c'est la seule solution pour le pays", 
explique-t-il.  
    Pour réussir son oeuvre, il a rendu en 2007 sa carte de 
l'UMP et s'en est allé fonder un parti dont il est devenu le 
président et la seule figure médiatique. 
    Ce gaulliste résolu ne craint pas la solitude: il appartient 
à la même espèce politique que Jean-Pierre Chevènement ou 
François Bayrou, celle des élus en rupture de ban qui 
s'imaginent un destin d'homme providentiel et veulent croire que 
l'Histoire leur donnera bientôt raison. 
    Aujourd'hui, il ne veut pas s'allier à tout prix car, juge 
cet énarque diplômé en 1989 dans la même promotion que 
Jean-François Copé, "on ne fait pas tout ça pour aller se vendre 
à X ou Y". 
    Parviendra-t-il à ses fins ? Il dit y croire, la plupart du 
temps. "Tout le monde a des moments de doute, je ne suis pas un 
surhomme", concède-t-il.    
 
 (Edité par Sophie Louet) 
 
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