REGIONALES-Marion Maréchal-Le Pen, de réelles chances en PACA

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    * Marion Maréchal-Le Pen défie Estrosi 
    * La benjamine de l'Assemblée favorite des sondages 
    * Une frontière poreuse entre droite et extrême droite 
 
    par Jean-François Rosnoblet 
    MONTFAVET, Vaucluse, 29 novembre (Reuters) - La région 
Provence-Alpes-Côte d'Azur est au coeur de la stratégie de 
conquête du Front national, où, comme pour Marine Le Pen en 
Nord-Pas-de-Calais-Picardie, sa nièce Marion Maréchal-Le Pen 
croit en ses chances, qui sont réelles. 
    La députée du Vaucluse a les faveurs des sondages pour le 
scrutin des 6 et 13 décembre dans une région où la frontière 
entre droite et extrême droite est poreuse.  ID:nL8N13I1S2  
    "La dynamique est en notre faveur, mais rien n'est fait. On 
sait que cette campagne va se jouer sur peu de choses", tempère 
Marion Maréchal-Le Pen. "Notre électorat est mobilisé, 
l'objectif est maintenant de toucher de nouvelles cibles". 
    Face à une gauche qui a refusé de s'unir dans le sillage du 
peu connu maire socialiste de Forcalquier, Christophe Castaner, 
la jeune frontiste réserve en priorité ses piques au 
député-maire (LR) de Nice, Christian Estrosi, dont elle raille 
la "politique à l'ancienne". 
    "Se faire soutenir par un comité de stars sur le retour, ce 
n'est pas ma conception de la politique", affirme-t-elle à 
propos des personnalités qui le soutiennent. "Je n'ai pas besoin 
d'en faire des tonnes pour mettre en place des mesures de bons 
sens avec des experts de la vie et du quotidien". 
    La méthode fonctionne, l'écart se creuse dans les sondages 
avec le maire de Nice, dont l'attitude droitière, et notamment 
les déclarations sur la présence d'une "cinquième colonne" 
islamiste en France, n'entament pas le capital de l'élue. 
     
    "FAIRE NOS PREUVES" 
    "Il existe une partie de l'électorat de l'UMP qui est en 
errance et mal à l'aise dans un parti présidé par un Nicolas 
Sarkozy au double discours", relève Marion Maréchal-Le Pen. 
    "Un électorat de plus en plus sensible à un cheminement qui 
peut les conduire vers un Front national incarnant la seule voie 
de rupture avec la gauche", ajoute-t-elle. 
    Dans la tourmente familiale qui a opposé la présidente du FN 
à son père Jean-Marie Le Pen, finalement exclu du parti qu'il a 
cofondé, Marion Maréchal-Le Pen a su garder le cap en évitant de 
s'aliéner les partisans des deux camps. 
    Le ralliement in extremis de son grand-père à sa cause a 
conforté son aura et renforcé sa légitimité politique, atouts 
qu'elle a mis à profit pour neutraliser les fidèles de 
Jean-Marie Le Pen qui menaçaient de constituer une liste 
dissidente. 
    Dans les Alpes-Maritimes, elle a réussi le tour de force de 
faire cohabiter un ex-secrétaire national de l'UMP, Olivier 
Bettati, et deux anciens membres de la mouvance identitaire des 
Alpes-Maritimes, qui se reconnaissent dans la "préférence 
régionale" prônée dans son programme. 
    Marion Maréchal-Le Pen considère que les victoires du FN 
lors des municipales dans le Vaucluse comme dans le Var voisin 
ont ouvert la voie du succès pour le scrutin régional, dont les 
règles sont plus favorables à l'extrême droite. 
    "La conquête d'une région est essentielle car nous avons 
besoin de faire nos preuves à une échelle plus importante que 
dans les mairies conquises", souligne celle qui fêtera ses 26 
ans le 10 décembre, entre les deux tours de l'élection. 
    "Beaucoup de gens nous ont rejoint sur le fond des idées et 
attendent maintenant de voir ce que nous sommes capables de 
faire", explique-t-elle. 
    "Finalement les gens prennent moins de risque en pariant sur 
nous, car nous avons tout à perdre en cas d'échec", concède 
Marion Maréchal-Le Pen. 
    Cette "pression supplémentaire" interdit au FN de revenir 
bredouille de la campagne régionale sous peine, selon elle, 
d'une "remise en cause de l'échéance de 2017". 
 
 (Edité par Sophie Louet) 
 
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