REGIONALES-Malgré les retraits, la gauche garde ses chances

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    * Le total des voix de gauche favorable dans nombre de 
régions 
    * Le PS ne veut pas être tenu pour responsable de la montée 
du FN 
    * Une posture "morale" pour séduire la gauche 
 
 (Actualisé avec Valls sur TF1) 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 7 décembre (Reuters) - En retirant ses candidats pour 
faire barrage au Front national, le camp de François Hollande et 
Manuel Valls parle à sa gauche en érigeant un "rempart" contre 
l'extrême droite, tout en préservant ses chances pour le second 
tour des régionales. 
    Le Premier ministre a clairement appelé lundi soir à voter 
pour le candidat du parti Les Républicains (LR) dans trois 
régions où le Front national est susceptible de l'emporter.  
    ""Quand il en va de la République, il faut être 
désintéressé, il faut être à la hauteur des événements. Quand on 
aime ce pays, on va droit au but et on appelle à voter pour Les 
Républicains", a déclaré Manuel Valls sur TF1. ID:nL8N13W47Q  
    "La gauche est rassemblée et peut l'emporter dans toutes les 
autres régions", a aussi souligné le chef de la majorité.  
    Le total des voix de gauche d'un premier tour marqué par une 
envolée du parti de Marine Le Pen laisse mathématiquement 
espérer à l'exécutif la victoire dans de nombreuses régions.  
    En Bretagne, Aquitaine-Poitou-Charentes-Limousin et Corse, 
la gauche est en tête. Un bon report de voix au second tour 
pourrait la faire gagner en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, 
Centre-Val de Loire, Bourgogne-Franche-Comté et Ile-de-France.  
    Quant aux régions Auvergne-Rhône-Alpes, Normandie et 
Pays-de-la-Loire, elles pourraient basculer à droite comme à 
gauche mais le total des voix de gauche est potentiellement 
supérieur. 
    En Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Provence-Alpes-Côte 
d'Azur, où le Front national a obtenu plus de 40% des voix, les 
candidats socialistes ont jeté l'éponge dès dimanche soir, sur 
décision des instances du parti.  
    Une consigne rejetée par Jean-Pierre Masseret, arrivé 
troisième en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine. Opposé à toute 
"stratégie d'évitement", le candidat PS dit vouloir peser dans 
l'opposition de la future assemblée territoriale. ID:nL8N13W2B0  
    Manuel Valls lui a conseillé de "ne pas s'accrocher." 
    En choisissant le retrait, le PS a pris le risque de n'avoir 
aucun élu pendant les six ans à venir dans des régions-clés, ce 
qui a scandalisé une partie de ses militants. 
     
    "ON N'AVAIT PAS LE CHOIX" 
    Il reste toutefois cohérent avec les décisions prises depuis 
l'appel à voter en faveur de Jacques Chirac pour contrer 
Jean-Marie le Pen après l'élimination du PS au second tour de 
l'élection présidentielle de 2002.  
    "On n'avait pas le choix. Sinon ce matin tout le monde 
aurait écrit 'le choc, la honte'", explique une ministre 
présente dimanche soir dans le bureau du Premier ministre pour 
analyser les résultats. 
    En annonçant sa stratégie définie en étroite concertation 
avec l'Elysée et Matignon, Jean-Christophe Cambadélis a employé 
des mots lourds comme "résistance", fustigeant au passage le 
choix du parti dirigé par Nicolas Sarkozy de refuser toute 
fusion ou retrait des listes en faveur de la gauche. 
    "L'Histoire sera sévère pour ceux qui, dans le moment 
traversé par la France, disent 'plutôt l'extrême droite que la 
gauche'", a lancé le premier secrétaire du PS. "La gauche est 
donc le dernier rempart de la France républicaine contre 
l'extrême droite xénophobe."  .  
   Pour radical qu'il soit, le choix du PS est sans garantie de 
résultat face à une extrême droite au plus haut.   
   "Il y a une forme de pression au sein de la gauche sur une 
posture qui est plus morale que politique. Est-ce que cela 
garantit l'efficacité contre le FN au second tour ? La réponse 
est non", dit Jean-Daniel Lévy, de Harris Interactive.  
     
    LES ÉLECTEURS DU FN ONT SANCTIONNÉ HOLLANDE   
    Pour François Miquet-Marty, de l'institut Viavoice, cela 
"permet au PS de se dédouaner des critiques sur sa 
responsabilité dans la montée du FN en étant prêt à se saborder 
pour éviter une victoire de l'extrême droite".  
    Cette stratégie permet de poser des jalons pour la suite et 
de contrer l'idée ancienne selon laquelle la montée de l'extrême 
droite profiterait aux socialistes.   
    "Si le PS apparaissait intéressé par la montée du FN, ça 
serait une vraie menace pour lui. Si, dans l'intelligence 
collective de (la présidentielle de) 2017, s'installait l'idée 
que François Hollande a besoin de la montée du FN, ce serait 
préjudiciable", décrypte François Miquet-Marty. 
    Quoi qu'il arrive, le président, dont la candidature en 2017 
ne fait guère de doute, aura fort à faire pour ressouder une 
France plus divisée que jamais, près d'un mois après les 
attentats de Paris qui lui ont valu un regain de popularité. 
  
    Selon une enquête de l'Ifop, 16% des électeurs du Front 
national ont lié leur vote aux attentats, mais 68% ont également 
voulu sanctionner le chef de l'Etat.  
 
 (Avec Gérard Bon, édité par Yves Clarisse) 
 
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