REGIONALES-Le PS retire ses candidats là où le FN peut gagner

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    * Retraits des listes PS dans le Nord et en PACA 
    * Cambadélis évoque un acte de "résistance" 
    * Il salue la gauche "premier parti de France" 
 
 (Actualisé avec citations, précisions) 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 6 décembre (Reuters) - Le Parti socialiste "fera 
barrage républicain" en retirant ses candidats dans les régions 
où le Front national peut l'emporter au deuxième tour des 
élections régionales, a annoncé dimanche soir Jean-Christophe 
Cambadélis.  
    Evoquant un acte de "résistance" et "l'attachement à une 
certaine idée de la France", le premier secrétaire du PS a cité 
les régions Provence-Alpes-Côte d'Azur et 
Nord-Pas-de-Calais-Picardie, où le FN est arrivé largement en 
tête au premier tour. 
    Selon des participants au bureau national du parti, des 
discussions étaient en cours dimanche soir concernant l'éventuel 
retrait des listes socialistes dans les régions 
Bourgogne-Franche-Comté et Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine.  
    "Le Parti socialiste et la gauche seront présents là où le 
total gauche permet de l'emporter", a dit Jean-Christophe 
Cambadélis dans une déclaration au siège du PS, à Paris. 
    "Dans les régions à risque Front national, où la gauche ne 
devance pas la droite, le Parti socialiste décide de faire 
barrage républicain", a-t-il ajouté.    
    Rappelant que le PS a toujours décidé en ce sens lors de 
précédents scrutins, le premier secrétaire a fustigé le choix du 
parti Les Républicains dirigé par Nicolas Sarkozy de refuser 
toute fusion ou retrait des listes en faveur de la gauche.  
     "L'Histoire sera sévère pour ceux qui, dans le moment 
traversé par la France, disent 'plutôt l'extrême droite que la 
gauche'", a-t-il lancé. "La gauche est donc le dernier rempart 
de la France républicaine contre l'extrême droite xénophobe." 
     
    CAMBADÉLIS ESPÈRE "DE NOMBREUSES VICTOIRES" 
    Les choses ont évolué au cours de la soirée. Dans leurs 
premières déclarations à l'annonce des estimations de résultats, 
le candidat PS dans le Nord, Pierre de Saintignon n'a pas parlé 
de retrait et, en PACA, Christophe Castaner, l'avait refusé. 
    Les instances du PS en ont donc décidé autrement, avec 
l'aval de Matignon, a souligné l'entourage du Premier ministre. 
Silencieux dimanche soir, Manuel Valls, chef de la majorité, 
devrait prendre la parole lundi dans les médias.    
    Pour le PS comme pour les autres partis, tout reste à faire 
pour emporter un maximum de régions dimanche prochain.  
    Le total des voix de gauche engrangées lors du premier tour, 
qui oscille entre 35% et 37%, "laisse espérer de nombreuses 
victoires", a déclaré Jean-Christophe Cambadélis.  
    "La gauche, quand elle est unie, est la première force 
politique du pays", a-t-il insisté, appelant à un large 
rassemblement le 13 décembre. 
    Après avoir regretté que son parti n'ait pas eu des "scores 
plus hauts", la secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts 
et tête de liste aux régionales en Ile-de-France, Emmanuelle 
Cosse, a appelé à "travailler à la fusion des listes de gauche 
et des écologistes au second tour." 
    Pierre Laurent lui a fait écho. "Nous allons travailler à 
des listes qui rassemblent les forces de gauche", a dit le 
premier secrétaire du PCF.  
    Dimanche, les candidats du PS sont arrivés en tête en 
Bretagne avec Jean-Yves Le Drian, et en 
Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes avec Alain Rousset.   
    En Ile-de-France, la gauche sauve la face en réalisant un 
score d'environ 40% au total, annonçant un second tour 
extrêmement serré avec la droite.  
    "La gauche et les écologistes sont en position de gagner 
l'Ile-de-France dimanche prochain", a déclaré le candidat PS, 
Claude Bartolone. "L'Ile-de-France doit être à l'avant-garde de 
la résistance au Front national."  
    La liste de droite conduite par Valérie Pécresse totalise 
31% des suffrages, selon les estimations TNS Sofres, devant 
Claude Bartolone, à 25%, et la liste FN de Wallerand de 
Saint-Just créditée de 18,5%. 
 
 (Avec Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 
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