Régionales-Le "ni ni" de Sarkozy validé malgré les divergences

le
0
    * Juppé et Fillon défendent la ligne Sarkozy 
    * Raffarin et "NKM" se démarquent 
    * Appels à la mobilisation pour le 2e tour 
 
 (Actualisé avec Juppé, Fillon, Raffarin) 
    PARIS, 7 décembre (Reuters) - La stratégie de Nicolas 
Sarkozy pour le second tour des élections régionales -- ni 
retrait ni fusion des listes pour faire barrage au Front 
national -- a été validée lundi lors d'un bureau politique des 
Républicains où les critiques ont été mises en sourdine, a-t-on 
appris auprès de participants. 
    La doctrine du "ni ni", réaffirmée dimanche soir par le 
président des Républicains à la suite de résultats décevants 
pour la droite, en tête dans seulement quatre des 13 régions 
métropolitaines alors que le FN est premier dans six, a été 
votée à l'unanimité, moins les voix de Nathalie 
Kosciusko-Morizet, numéro deux du parti, et Jean-Pierre 
Raffarin. 
    Alain Juppé et François Fillon, adversaires de Nicolas 
Sarkozy pour la primaire de 2016 à droite, se sont ralliés à 
l'ancien chef de l'Etat en souhaitant que les "examens de 
conscience" politiques et autres clarifications sur la ligne 
idéologique du parti soient renvoyés après les régionales, dont 
le second tour se déroule dimanche prochain. 
    "L'impératif des responsables politiques, c'est de serrer 
les coudes autour de leurs candidats pour que le deuxième tour 
nous apporte de bonnes nouvelles", a expliqué le maire de 
Bordeaux à l'issue de la réunion. 
    L'ancien Premier ministre a notamment appelé à la 
mobilisation en faveur de Virginie Calmels, chef de file 
LR-UDI-MoDem en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (27,2%), où 
les listes PS arrivées en tête (30,4%) ont fusionné lundi avec 
les listes Europe Ecologie-Les Verts (5,6%). Les listes FN se 
classent troisièmes avec 23,2% des voix. 
    Nicolas Sarkozy participera mardi soir à un meeting de 
soutien à la première adjointe d'Alain Juppé à Rochefort 
(Charente-Maritime). 
     
    "DOUBLE PEINE" 
    Seul à faire entendre une voix discordante avec Nathalie 
Kosciusko-Morizet, l'ancien Premier ministre Jean-Pierre 
Raffarin, à l'instar des centristes de l'UDI et du MoDem, a 
plaidé pour le retrait des listes arrivées en troisième 
position, notamment la liste LR-UDI-MoDem en 
Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées où Dominique Reynié, nouveau 
venu en politique, n'a rassemblé que 18,84% des suffrages. 
    Dans cette région, les listes FN emmenées par Louis Aliot 
recueillent 31,83% devant les listes socialistes de Carole Delga 
(24,41%). 
    "Quand on est troisième on se retire, on fait le front 
contre les déconstructeurs parce que c'est aujourd'hui qu'il 
faut reconstruire", avait déclaré le sénateur LR de la Vienne 
sur France Inter avant la réunion du bureau politique. 
    Alain Juppé, comme la majorité des responsables de LR, juge 
ce raisonnement infondé. 
    "Nous ne sommes pas maîtres des voix de nos électeurs, et 
quelle que soit la position que nous prenions, nous risquerions 
d'avoir la double peine, c'est-à-dire le retrait et malgré tout 
le succès du Front national", a-t-il dit. 
    "On ne change pas de stratégie au milieu du gué", a 
considéré pour sa part François Fillon lors du bureau politique. 
    La position de Nathalie Kosciusko-Morizet a irrité au plus 
haut point Nicolas Sarkozy qui, selon des participants, a 
rappelé l'échec de la législative partielle dans le Doubs, en 
février dernier. 
    L'ex-UMP avait été éliminée dès le premier tour, laissant le 
FN et le PS s'affronter, et Nathalie Kosciusko-Morizet, 
vice-présidente déléguée du parti, avait alors appelé "à titre 
personnel" à voter pour le candidat socialiste. 
 
 (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant