REGIONALES-Le Drian, favori mais absent en Bretagne

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    * Le Drian restera à la Défense tant que "nécessaire" 
    * La liste PS favorite face aux Républicains et au FN 
    * Les attentats de Paris ont changé la donne 
 
    par Marine Pennetier 
    PARIS, 29 novembre (Reuters) - Ce soir du 13 novembre, 
Jean-Yves Le Drian est à Rennes quand son téléphone sonne. Au 
bout du fil, son directeur de cabinet l'informe de la série 
d'attaques en cours à Paris et à Saint-Denis. Le ministre de la 
Défense quitte dans les minutes qui suivent la Bretagne pour 
rejoindre la cellule de crise à Paris. 
    Paris et Rennes, deux villes symboles du choix cornélien 
auquel est confronté depuis des mois ce Breton de 68 ans, 
tiraillé entre le monde de la défense et la présidence de la 
région Bretagne qu'il a bon espoir de remporter de nouveau lors 
des élections régionales du 6 et 13 décembre. 
    Selon un récent sondage Ifop, ce proche de François Hollande 
arrive largement en tête des intentions de vote pour les premier 
et deuxième tours devant la liste des Républicains et de l'UDI 
soutenue par le MoDem et celle du Front national.  
    Jean-Yves Le Drian a toutefois prévenu dimanche ses 
électeurs qu'en raison du contexte "dramatique", il resterait à 
la Défense tant que François Hollande le jugerait "nécessaire" 
et qu'en cas de victoire le 13 décembre, il confierait la 
transition à ses colistiers.  
    "Les circonstances dramatiques que nous traversons 
m'obligent à me concentrer sur ma mission de ministre de la 
Défense et chaque Breton le comprendra", indique-t-il dans une 
déclaration. "Voilà pourquoi j'ai décidé de limiter ma présence 
physique dans la campagne et d'annuler les meetings prévus." 
    "Si les Bretonnes et les Bretons m'accordent leur confiance, 
et tant que le président de la République estimera nécessaire ma 
présence au gouvernement, je m'appuierai sur mon équipe, pendant 
cette phase intermédiaire et exceptionnelle, pour assurer la 
bonne marche de la Région Bretagne." 
    Cette décision n'est pas véritablement une surprise. Depuis 
l'officialisation mi-octobre de sa candidature en tant que tête 
de liste PS, son entourage insistait sur le fait que toutes les 
options étaient ouvertes, n'écartant pas un possible cumul des 
mandats en cas d'aggravation de la situation internationale. 
    Les attentats de Paris ont précipité cette décision, quitte 
à faire une entorse à la règle de non-cumul de mandats.  
    "Personne n'imaginait au moment de la signature de cette 
charte en 2012 quel serait le contexte géopolitique 
international trois ans plus tard", dit-on dans son entourage.  
     
    "IMPENSABLE" 
    Dans le contexte actuel, il serait "inconcevable" que 
Jean-Yves Le Drian quitte le ministère de la Défense "alors 
qu'il connaît parfaitement son sujet et qu'il le mène maintenant 
depuis presque quatre ans", renchérit la présidente de la 
commission de la Défense de l'Assemblée nationale Patricia Adam. 
"Ce serait impensable". 
    "Personne ne veut le laisser partir, ni les militaires ni 
les industriels", ajoute-t-elle.  
    En trois ans et demi, Jean-Yves Le Drian est devenu le 
ministre préféré des Français. Salué par les industriels, il a 
su se faire apprécier de l'armée en obtenant la sanctuarisation 
de son budget et le maintien des effectifs. 
    Mobilisé sur plusieurs fronts - Irak, Syrie, bande 
sahélo-saharienne et territoire national-, il a également 
développé d'étroites relations avec les pays du Golfe qui se 
sont traduites par un boom des exportations françaises 
d'armement. 
    Mercredi, devant l'Assemblée, le Premier ministre Manuel 
Valls a salué "le sens de la décision" de Jean-Yves Le Drian, 
"particulièrement précieux au moment où tout le gouvernement est 
mobilisé pour la défense et la sécurité de notre pays".  
    Reste à savoir quelle sera la réaction des électeurs bretons 
face à cette campagne "un peu particulière". L'enjeu est de 
taille. Jean-Yves Le Drian est considéré par l'état-major 
socialiste comme le seul en mesure de conserver la région dans 
le giron socialiste face à une liste LR galvanisée par les 
scores réalisés lors des précédents scrutins.  
    L'ancien maire de Lorient est en lice pour un troisième 
mandat à la tête de la région qu'il a présidée de 2004 à 2010 
puis de 2010 à 2012 avant de céder la place à Pierrick Massiot 
pour rejoindre la Défense dès 2012. 
    "Je n'ai aucune inquiétude", déclare Patricia Adam. 
"Jean-Yves Le Drian a toujours suivi de plus près ce qui se 
passait en Bretagne. Son ADN premier c'est la Bretagne, ministre 
n'est qu'un passage dans une vie politique". 
    Quant à son équipe, "elle est prête, elle connaît les 
dossiers, et elle va continuer son travail  elle va mener la 
campagne pour les régionales".  
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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