REGIONALES-La gauche, pionnière mais menacée en Bourgogne-Franche-Comté

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    * Une terre industrielle qui se droitise 
    * La candidate socialiste veut relever le "challenge" 
    * Le centriste François Sauvadet bien placé 
 
    par Gilbert Reilhac 
    STRASBOURG, 29 novembre (Reuters) - Ses deux présidents 
sortants socialistes s'étaient les premiers portés volontaires 
pour fusionner leurs régions, mais la gauche aura du mal à 
conserver Bourgogne-Franche-Comté, terre industrielle qui a 
basculé à droite aux départementales. 
    La majorité gouvernementale, qui détenait six départements 
sur huit dont les quatre de Franche-Comté, n'en préside plus que 
deux depuis mars -- la Haute-Saône et la Nièvre. 
    "C'est un vrai challenge pour moi et pour la gauche", admet 
Marie-Guite Dufay, présidente sortante de la région 
Franche-Comté et porte-drapeau du Parti socialiste pour les 
élections régionales des 6 et 13 décembre. 
    "Mais le premier challenge, il est pour la République", 
ajoute cette femme de 66 ans qui avait assuré l'intérim de 
Raymond Forni après son décès en 2008, avant de se faire élire 
sur son nom en mars 2010. 
    Alors que les sondages annoncent une abstention massive, 
elle espère un « sursaut républicain » après les attentats du 13 
novembre qui porterait vers les urnes d'autres citoyens que les 
plus en colère, ceux qui voteront pour le Front national. 
    Son principal adversaire, François Sauvadet, président du 
conseil général et député de la Côte-d'Or qui mène une liste 
d'union entre les centristes de l'UDI, dont il est 
vice-président, et Les Républicains, se désole que "personne 
(n'ait) pris conscience de l'importance de cette élection". 
    Mais pas question d'en rester au consensus post-attentats. 
Devant le bandeau noir qu'il placé sur le fond de scène de ses 
meetings, l'ancien ministre de la Fonction publique de Nicolas 
Sarkozy veut « dire chaque soir que l'on doit changer de 
gouvernement ». 
     
    LE FN CRÉDITÉ DE 26% 
    Un sondage BVA diffusé fin octobre le place en tête au 
premier tour avec 31% des voix. Le PS ne serait que troisième 
avec 19%, derrière les 26% de la liste Front national de Sophie 
Montel, conseillère régionale et députée européenne.   
    Celle qui a failli ravir, en février dernier, le mandat de 
député laissé vacant dans la 4e circonscription du Doubs par le 
socialiste Pierre Moscovici, parti à Bruxelles, ne progresserait 
toutefois que de quatre points au second tour, laissant Sauvadet 
l'emporter avec 36% des voix contre 34% à Marie-Guite Dufay. 
    Si la fusion semblait plus évidente qu'ailleurs entre ces 
deux régions liées par l'Histoire, en partie commune, et la 
structure économique industrielle et rurale, les sortants 
socialistes en furent les pionniers. 
    "J'ai mis toutes mes forces pour qu'elle se fasse sous peine 
de voir nos régions disparaître », explique François Patriat, 
président socialiste de la région Bourgogne, qui a convaincu, 
dès janvier 2014, Marie-Guite Dufay de s'engager dans l'union. 
    A défaut, les forces centrifuges auraient, selon lui, poussé 
Jura et Saône-et-Loire vers Rhône-Alpes, le Territoire de 
Belfort vers l'Alsace ou la Nièvre vers le Centre. 
    L'ancien ministre du gouvernement Jospin, âgé de 72 ans, a 
ensuite accepté de s'effacer au profit de sa partenaire, pour 
conserver son mandat de sénateur, non sans s'être assuré que 
Dijon, plus peuplée et plus centrale, serait capitale de région. 
     
    "UNE BELLE ENDORMIE" 
    La droite concentre dès lors ses attaques sur la présidente 
franc-comtoise. 
    "Nous sommes une belle endormie", fulmine François Sauvadet 
qui l'accuse de ne pas investir et de pratiquer « un retour au 
XIXe siècle, une industrie de décroissance ». 
    « Les socialistes de Franche-Comté ont augmenté la dette, 
baissé l'investissement et augmenté les dépenses de 
fonctionnement, on va faire l'inverse », renchérit Alain 
Joyandet, sénateur Les Républicains de Haute-Saône où il est 
tête de liste départementale. 
    « Il y a une sorte de forfaiture à dire que, parce qu'on a 
un taux de chômage qui est celui de toutes les régions 
industrielles, on n'aurait rien fait sur le plan économique », 
réplique Marie-Guite Dufay, qui met en avant son passé de cadre 
de la fonction publique chargée du développement et de l'emploi. 
    Avec une population de seulement 2,8 millions d'habitants, 
la nouvelle région sera, selon l'Insee, la première de France en 
pourcentage d'emplois industriels (17,3%). 
    Le taux de chômage, de 9% en Bourgogne et 9,4% en 
Franche-Comté, au troisième trimestre 2014, s'il reste sous la 
moyenne nationale, atteint en revanche 12% dans les bassins 
industriels de Belfort-Montbéliard (Alstom, PSA) et du 
Creusot-Monceau-les-Mines (Arcelor-Mittal, Areva). 
    « C'est là que va se jouer l'élection », estime Marie-Guite 
Dufay. 
    Restera, si elle veut gagner, à rallier au second tour les 
suffrages des écologistes et du Front de gauche, un défi que 
François Patriat, qui fut proche de Michel Rocard, avoue n'avoir 
pas eu envie de relever. 
 
 (Edité par Sophie Louet) 
 
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  • danielk6 le dimanche 29 nov 2015 à 13:29

    une tumeur cancéreuse le socialisme.