REGIONALES-La gauche favorite dans le Midi malgré ses divisions

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    * Des sondages favorables à la socialiste Carole Delga 
    * Le FN espère faire un "coup" dans cette région de gauche 
    * Le candidat de droite Dominique Reynié, novice et rebelle 
 
    par Johanna Decorse 
    TOULOUSE, 29 novembre (Reuters) - La bataille des élections 
régionales s'annonce serrée en 
Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, fief de gauche réputé 
imprenable, même si les sondages prédisent la victoire de la 
socialiste Carole Delga le 13 décembre. 
    Onze listes s'affrontent pour conquérir la future région, 
qui compte treize départements et plus de 5,7 millions 
d'habitants avec pour capitale Toulouse. 
    Face au Front national, donné en tête au premier tour, 
Dominique Reynié, candidat Les Républicains-UDI-MoDem, et Carole 
Delga, fragilisée par la liste des écologistes et du Front de 
gauche et la candidature du maire divers-gauche de Montpellier 
Philippe Saurel, veulent faire le plein de voix le 6 décembre. 
    Depuis début septembre, les sondages annoncent la victoire 
de Carole Delga, candidate PS-PRG, à l'issue du second tour.  
    L'ancienne secrétaire d'Etat en charge du Commerce est 
créditée selon une enquête Ipsos du 24 novembre de 23% des 
intentions de votes au premier tour, devant Dominique Reynié 
(21%) mais derrière Louis Aliot pour le Front national avec 32%. 
    
    Au second tour, elle décrocherait la première place avec 40% 
des suffrages du fait des reports de voix, contre 27% pour le 
candidat de la droite et 33% pour le candidat frontiste. 
    Mais pour l'emporter, Carole Delga devra composer avec une 
gauche éclatée. Créditée de 11%, la liste EELV-Front de gauche 
Nouveau Monde, emmenée par Gérard Onesta, pourrait se maintenir 
au second tour. La candidate socialiste est également 
concurrencée par Philippe Saurel, dont la liste est donnée à 5%. 
     
    REYNIÉ, LE FRANC-TIREUR 
    Pour Dominique Reynié, politologue parisien originaire de 
l'Aveyron, le baptême du feu fut douloureux. Nouveau venu en 
politique, il a été investi en avril dernier face au maire Les 
Républicains de Lavaur, Bernard Carayon, malgré la contestation 
des élus locaux de son camp qui dénoncent un parachutage indu. 
    Le directeur de la Fondation pour l'innovation politique a 
irrité jusqu'au président des Républicains, Nicolas Sarkozy, 
pour avoir déposé une liste non conforme à celle validée en 
octobre par la Commission nationale d'investiture et rétrogradé, 
voire écarté, des personnalités. 
    Les barons locaux lui vouent une inimitié féroce et le 
sénateur-maire LR de Castelnau-le-Lez (Hérault) a remis en 
question son éligibilité. 
    Sur cette terre de gauche dominée par la figure tutélaire du 
socialiste Martin Malvy en Midi-Pyrénées et de feu Georges 
Frêche en Languedoc-Roussillon, Louis Aliot escompte une percée 
électorale. 
    Le candidat du Front national, conseiller régional de 
Languedoc-Roussillon et conseiller municipal de Perpignan, a 
annoncé dès septembre son objectif "d'accrocher 30% au premier 
tour pour créer la dynamique au second tour". 
    Fort des scores de son parti aux dernières départementales 
et européennes, notamment dans le Lot, l'Ariège, la 
Haute-Garonne et en Languedoc-Roussillon, le compagnon de Marine 
Le Pen veut séduire les électeurs de la droite avec sa "liste 
d'ouverture" pour réaliser un "énorme coup contre la gauche". 
    Louis Aliot sera en concurrence avec la liste conduite par 
Jean-Claude Martinez, ancien vice-président du Front national 
dont il a été suspendu en 2008 pour s'être présenté aux 
élections européennes contre Louis Aliot. 
 
 (Edité par Yves Clarisse et Sophie Louet) 
 
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