REGIONALES-La droite à l'assaut du "système Rousset" dans le Sud-Ouest

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    * Une région au bilan économique flatteur 
    * La gauche a de bonnes chances de conserver son bastion 
    * Une protégée d'Alain Juppé défie Alain Rousset 
 
    par Claude Canellas 
    BORDEAUX, 29 novembre (Reuters) - La gauche sera difficile à 
détrôner dans la région Aquitaine-Poitou-Charentes-Limousin, la 
plus étendue de France, où la candidate de droite Virginie 
Calmels, protégée d'Alain Juppé, ambitionne de mettre fin au 
"système Rousset". 
    Président de la région Aquitaine depuis 1998, le socialiste 
Alain Rousset est largement favori des sondages, en raison 
notamment des bons résultats économiques de son fief. 
    Selon un sondage Ifop pour France Bleu publié le 25 
novembre, les listes PS-PRG et celles des Républicains-UDI-MoDem 
de Virginie Calmels obtiendraient seraient à égalité (29%). Le 
Front national est crédité de 25%. 
    Au second tour, la gauche l'emporterait avec 39% contre 35% 
à la droite et 26% au Front national. 
    Seules ces trois listes devraient se qualifier pour le 
second tour, les autres ne parvenant pas à faire mieux que 5%, 
telles la liste écologiste de Françoise Coutant et celle du 
Front de gauche conduite par le porte-parole national du Parti 
communiste, Olivier Dartigolles. 
    L'enjeu est de taille pour cette nouvelle région de 12 
départements, aussi grande que l'Autriche et peuplée de 5,8 
millions d'habitants. 
    Le Limousin historiquement socialiste, le Poitou-Charentes 
ravi à la droite par Ségolène Royal en 2004 et l'Aquitaine 
seront représentés par 183 élus. 
    Le chef de file du FN, Jacques Colombier, qui se définit 
lui-même comme "un bébé Le Pen", entend toutefois contrarier le 
duel annoncé pour "devenir la principale force d'opposition au 
socialisme régional". 
     
    "LA DAME DE FAIRE" 
    De Virginie Calmels, objet de toute l'attention médiatique, 
il dit qu'elle n'"est pas une femme politique : elle coupe des 
rubans et inaugure des salons." 
    Ancienne directrice général d'Endemol France, société de 
production de programmes de téléréalité, Virginie Calmels, 44 
ans, fut aussi administratrice du groupe Iliad et préside 
toujours le conseil de surveillance d'Euro Disney. 
    Cette chef d'entreprise, une quasi-novice en politique, est 
la première adjointe du maire de Bordeaux Alain Juppé, chargée 
de l'économie, de l'emploi et de la croissance. Qualifiée de 
"phénomène" par Jean-Pierre Raffarin, elle a été investie non 
sans difficulté en avril dernier avec le soutien de Nicolas 
Sarkozy. 
    "Je veux mettre fin au système Rousset", dit-elle en 
assurant vouloir appliquer à la région son expérience de 
dirigeante d'entreprises afin d'être "la dame de faire", jeu de 
mots en référence, notamment, au Premier ministre conservateur 
Margaret Thatcher. 
    Alain Rousset rétorque que "le programme économique de Mme 
Calmels parle finalement bien peu d'économie". 
    Un dossier a dominé la campagne, mise entre parenthèses 
comme dans les autres régions après les attentats du 13 novembre 
-- celui des lignes ferroviaires à grande vitesse, combat 
d'Alain Rousset, qui a le soutien d'Alain Juppé, mais sur lequel 
Virginie Calmels diverge d'avec son mentor. 
    Elle a jugé "d'un autre temps" le projet de LGV Bordeaux-Dax 
et Bordeaux-Toulouse dont le coût est évalué à 8,3 milliards 
d'euros et sur lequel la commission d'enquête publique avait 
rendu un avis négatif fin mars. 
    Jacques Colombier, Françoise Coutant et Olivier Dartigolles 
s'y opposent, préférant l'aménagement des lignes actuelles. 
 
 (Edité par Sophie Louet) 
 
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