REGIONALES-En Pays de la Loire, un scrutin accaparé par Notre-Dame-des-Landes

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    * Le projet d'aéroport au coeur des divisions politiques 
    * Les écologistes font pression sur le candidat PS 
    * La droite en reconquête avec Bruno Retailleau 
 
    par Guillaume Frouin 
    NANTES, 29 novembre (Reuters) - Le transfert de l'actuel 
aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), 
un dossier empoisonné qui bouscule le clivage gauche-droite 
régional depuis cinquante ans, pèsera sur le scrutin des 6 et 13 
décembre en Pays de la Loire. 
    Les écologistes, qui ont décidé de partir seuls au combat au 
premier tour, ont prévenu leurs alliés socialistes que la 
réalisation d'"une étude indépendante" sur l'optimisation de 
l'actuel aéroport constituait un préalable à la conclusion d'un 
"accord de gouvernement" avec le PS le soir du 6 décembre. 
    Le socialiste Christophe Clergeau, principal candidat de 
gauche à la succession de Jacques Auxiette (PS) qui avait ravi 
la région à la droite en 2004, a jugé le 23 novembre "assez 
révoltant qu'on remette ce dossier au coeur de la campagne", 
après les attentats du 13 novembre. 
    "Il y a suffisamment de sujet brûlants sur la table, autour 
du vivre-ensemble dans notre République, pour qu'on se concentre 
sur eux", a déclaré le premier vice-président sortant du conseil 
régional. 
    Son alliée Emmanuelle Bouchaud, une transfuge d'Europe 
Ecologie-Les Verts passée au Front démocrate de Jean-Luc 
Benhamias (ex-MoDem), souligne que le projet d'aéroport 
"représente moins de 1% des dépenses possibles" de la région 
pour le futur mandat. 
    "Déjà, avant les attentats, on disait que 
Notre-Dame-des-Landes ne devait pas être l'arbre qui cache la 
forêt et qu'il y avait des sujets beaucoup plus importants. Là, 
dans les conditions actuelles, c'est assez dérisoire", juge la 
compagne du député François de Rugy, qui a quitté EELV. 
    La chef de file écologiste Sophie Bringuy, vice-présidente 
sortante du conseil régional, assure ne pas avoir monté une 
liste "contre une autre force politique" et vouloir "proposer un 
projet à part entière". 
    Cette ancienne juriste de France Nature Environnement, 36 
ans, a été élue à la région en 2010 grâce à un accord électoral 
qu'elle compte donc rééditer sous condition d'une étude sur 
l'aéroport nantais "commandée et terminée en 2016". 
     
    "TERRITOIRE ABANDONNÉ DE LA RÉPUBLIQUE" 
    Elle a bon espoir d'y parvenir en dépit des "autres sujets 
compliqués" qui opposent les Verts aux socialistes, comme les 
financements accordés à "l'agriculture productiviste" ou les 
contreparties sociales et environnementales demandées aux 
entreprises pour les aides publiques. 
    Chef de file d'une liste d'union de la droite et du centre, 
le sénateur de Vendée Bruno Retailleau (Les Républicains) est 
convaincu que Christophe Clergeau sera "pris en otage" par 
l'alliance avec EELV, bien que certains de ses propres 
colistiers soient également hostiles au projet d'aéroport. 
    Président du groupe Les Républicains au Sénat, il entend 
user de son "influence" nationale pour peser dans ce dossier, 
alors que Notre-Dame-des-Landes constitue à ses yeux un 
"territoire abandonné de la République" et un "symbole de 
l'autorité bafouée de l'Etat". 
    Un temps espérée par les partisans du projet d'aéroport pour 
janvier 2016, l'évacuation de la zone d'aménagement différé 
(ZAD), secteur réservé au chantier, a été reportée sine die par 
le gouvernement qui a mobilisé les forces de l'ordre sur des 
missions de sécurité après les attentats du 13 novembre. 
    Dans ce contexte, le score du Front national, emmené par 
Pascal Gannat, est un autre enjeu du scrutin. 
    Ex-chef de cabinet de Jean-Marie Le Pen (1984-1988) et 
ancien conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais (1992-1998), il 
est à présent installé dans la Sarthe. 
    A 60 ans, ce "catholique pratiquant", père de neuf enfants, 
entend "rejeter vigoureusement" le projet de 
Notre-Dame-des-Landes "qui ne profitera qu'à une minorité 
d'entreprises et quelques lobbys du béton", "pour des raisons 
techniques, budgétaires et environnementales." 
 
 (Edité par Sophie Louet) 
 

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