REGIONALES-En Corse, gauche et droite handicapées par les divisions

le
0
    * La gauche fracturée 
    * Duel fratricide à droite 
    * Les nationalistes bien placés 
 
    par Roger Nicoli 
    AJACCIO, 29 novembre (Reuters) - C'est une majorité sortante 
disloquée qui concourt les 6 et 13 décembre en Corse pour une 
mandature éclair de deux ans avant de laisser place à une 
collectivité unique fusionnant la collectivité territoriale et 
les conseils départementaux. 
    Douze listes sont en lice pour l'élection de 51 conseillers 
dans l'attente de l'application le 1er janvier 2018 de la loi 
pour la nouvelle organisation territoriale de la République 
(NOTRe). 
    La majorité du président de l'exécutif sortant Paul Giacobbi 
(PRG), par ailleurs député de Haute-Corse, est fragilisée sur 
plusieurs fronts, notamment sur son aile gauche où quatre autres 
listes se présentent à l'élection "territoriale". 
    Le président sortant de l'Assemblée de Corse, le communiste 
Dominique Bucchini, a ainsi décidé de faire cavalier seul pour 
porter la voix du Front de gauche. 
    Au sein de l'exécutif territorial, Jean Zuccarelli (PRG), 
chargé de l'agence de développement économique de la Corse, 
emmène sa propre liste tandis qu'Emmanuelle de Gentili, qui a 
assuré la direction de l'Office hydraulique insulaire, a été 
investie par le Parti socialiste. 
    Jean-Charles Orsucci, vice-président de l'Assemblée et maire 
divers gauche de Bonifacio, tenant d'une gauche autonomiste, 
s'est lui aussi désolidarisé de la mandature en ralliant Vanina 
Pieri, chargée de l'Agence du tourisme de la Corse. 
    A ces divisions s'ajoutent les démêlés judiciaires de Paul 
Giacobbi, mis en examen en juillet pour détournement de fonds 
publics. 
     
    LE COME-BACK DE JOSÉ ROSSI 
    La justice veut comprendre le rôle de l'élu, alors président 
du conseil général de Haute-Corse, dans l'attribution de 300.000 
à 400.000 euros de subventions allouées à des gîtes ruraux dont  
auraient notamment bénéficié ses proches entre 2008 et 2010. Il 
nie les faits qui lui sont reprochés. 
    Les nationalistes entendent profiter de ces failles, 
notamment le maire autonomiste de Bastia Gilles Simeoni dont la 
liste Femu a Corsica avait recueilli 26% lors du précédent 
scrutin territorial en 2010. 
    Le dernier sondage en date, une enquête Opinionway réalisée 
entre le 27 et le 30 octobre, place Gilles Simeoni en tête du 
premier tour avec 18% des intentions de vote, mais deux autres 
listes nationalistes lui disputent les suffrages : celle de 
Jean-Guy Talamoni (Corsica Libera, 8%) et celle de Paul-Félix 
Benedetti (U Rinnovu Naziunali, 1%). 
    Si une alliance nationaliste est envisagée, Gilles Simeoni 
n'exclut pas de partager le pouvoir avec des partis 
traditionnels au nom de l'"ouverture", comme ce fut le cas lors 
de son accession au pouvoir en 2014 à la mairie de Bastia. 
    La droite corse se divise en trois listes. 
    Après dix ans d'absence, l'ancien ministre de l'Industrie 
d'Edouard Balladur José Rossi a été investi par Les Républicains 
pour un duel fratricide avec le député LR de Corse-du-Sud, 
Camille de Rocca Serra, ancien président de l'Assemblée de 
Corse. 
    Hyacinthe Santoni, ancien député des Bouches-du-Rhône, porte 
les couleurs de "Debout la France", parti de Nicolas 
Dupont-Aignan. 
    Le Front national est emmené par Christophe Canioni, un 
quasi-inconnu. Traditionnellement bas dans les scrutins locaux 
insulaires, le parti de Marine Le Pen est crédité de 12% dans le 
sondage OpinionWay. 
    La spécificité du scrutin corse, où les candidats doivent 
obtenir 7% au lieu des 10% requis ailleurs pour accéder au 
second tour, devrait élargir la représentation politique. 
 
 (Edité par Sophie Louet) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant