REGIONALES-Duel incertain en Normandie réunifiée

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    * Hervé Morin favori 
    * Un bilan socialiste flatteur 
    * Le FN veut peser sur le scrutin 
 
    par Pierre-Henri Allain 
    RENNES, 29 novembre (Reuters) - Un duel relativement 
incertain s'annonce en Normandie entre le socialiste Nicolas 
Mayer-Rossignol, président sortant de Haute-Normandie, et l'UDI 
Hervé Morin, ancien ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy 
que les sondages donnent favori. 
    Hervé Morin, qui a rassemblé l'UDI, Les Républicains, le 
MoDem et même le parti "Chasse, pêche, nature et tradition" sur 
ses listes sait pouvoir capitaliser sur la forte poussée de la 
droite lors des dernières élections départementales. 
    Au premier tour, selon BVA, Hervé Morin, à la tête d'une 
liste Les Républicains-UDI-MoDem, arriverait en première 
position avec 30% des suffrages, devant la liste Front national 
de Nicolas Bay (27%) et la liste PS-PRG du président sortant de 
la région Haute-Normandie, Nicolas Mayer-Rossignol (23%).  
    Ce dernier dispose toutefois de grosses réserves de voix : 
le Front de gauche est crédité de 9% et les Verts de 7%. 
    Après la défaite du Parti socialiste dans l'Eure et en 
Seine-Maritime, fief de Laurent Fabius que le PS détenait depuis 
2004, les cinq départements de la Normandie réunifiée sont 
passés à droite. 
    Le député-maire UDI de la petite commune d'Epaignes (Eure) 
se défend toutefois de tout triomphalisme prématuré. 
    "Je ne sais vraiment pas ce que les électeurs vont tirer des 
derniers événements à Paris, mais ils auront forcément une 
résonance locale et régionale forte", déclare Hervé Morin à 
Reuters en référence aux attentats du 13 novembre. 
    Pour lui, les élections se joueront sur "des critères 
nationaux", avec "un PS profondément discrédité". 
    Mais le Front national, emmené par Nicolas Bay, secrétaire 
général et figure montante du parti, compte bien créer la 
surprise après ses bons résultats aux élections européennes (29% 
au premier tour) et départementales (26,2%). 
         
    "DES CHARLATANS" 
    Entre l'ancienne Basse-Normandie, plutôt rurale, et 
l'ex-Haute-Normandie à forte activité industrielle, le parti de 
Marine Le Pen veut jouer les trouble-fête. 
    "Ce sont des charlatans qui n'ont jamais rien fait pour la 
région, des voleurs de voix qui s'en vont après l'élection", 
dénonce Nicolas Mayer-Rossignol en évoquant les six conseillers  
régionaux sortants du FN. 
    Hervé Morin estime qu'une campagne axée sur l'entreprise et 
l'activité économique est le meilleur repoussoir. 
    "La meilleure des politiques sociales est de créer des 
emplois", répète-t-il. Il s'est ainsi engagé à la création d'une 
agence de développement qui pourra soutenir l'investissement, 
l'innovation et l'exportation des entreprises normandes. 
    L'ancien ministre plaide également pour un équilibre entre 
les trois grandes métropoles -- Caen, Le Havre, Rouen -- de la 
région réunifiée (3,3 millions d'habitants) et "un monde rural 
abandonné." 
    Face à lui, Nicolas Mayer-Rossignol, le jeune président 
sortant du conseil de Haute-Normandie, 38 ans, met en avant son 
bilan et la bonne gestion de la région, "premier investisseur 
local" dont le taux d'endettement serait le plus faible de 
France. Proche de Laurent Fabius, il escompte un bon report des 
voix de gauche au second tour, Europe Ecologie-Les Verts et le 
Front de Gauche. 
    "Je n'ai aucun adversaire à gauche", assure le candidat 
socialiste qui se félicite d'avoir rallié "les amis de Robert 
Hue et le mouvement de l'ex-ministre de l'Environnement Corinne 
Lepage (Cap21). 
 
 (Edité par Sophie Louet) 
 
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