REGIONALES-Droite et extrême droite en lutte pour conquérir PACA

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    * La gauche à la peine dans son fief 
    * Marion Maréchal-Le Pen favorite des sondages 
    * Christian Estrosi droitise sa campagne 
 
    par Jean-François Rosnoblet 
    MARSEILLE, 29 novembre (Reuters) - Droite et extrême droite 
se disputent la région Provence-Alpes-Côte d'Azur face à un 
exécutif socialiste à la peine, qui tremble à l'idée de perdre 
un bastion gagné en 1998. 
    A moins que les attentats du 13 novembre ne changent 
fondamentalement la donne du scrutin des 6 et 13 décembre, en 
nationalisant un débat jusqu'ici centré sur des thèmes locaux. 
    Selon une enquête Ipsos-Sopra Steria pour France Télévisions 
réalisée du 19 au 21 novembre, la liste FN conduite par Marion 
Maréchal-Le Pen obtiendrait 40% des voix dès le premier tour 
contre 37% avant les attentats du 13 novembre. 
    Elle devance nettement la liste Les Républicains-UDI-MoDem 
de Christian Estrosi, créditée de 30% contre 32%. La liste 
PS-PRG-MRC de Christophe Castaner n'obtiendrait que 16% des 
voix. 
    Le président socialiste sortant, Michel Vauzelle, avait 
surpris en renonçant à briguer un quatrième mandat. 
    Un "calcul tactique", selon ses détracteurs, destiné à lui 
éviter d'apparaître comme le responsable d'une "débâcle 
annoncée" pour un PS régional en pleine restructuration après 
les échecs des élections municipales et départementales. 
    Le choix de Christophe Castaner, le député-maire de 
Forcalquier, comme tête de liste socialiste n'a pas rassuré 
militants et sympathisants de gauche, qui soulignent le manque 
de notoriété de leur candidat par rapport aux deux autres. 
    "Je n'ai pas non plus leur notoriété négative très forte", 
dit-il à Reuters pour se rassurer. 
    Autre handicap de taille, la tête de liste PS n'est pas 
parvenue à réaliser l'union sur son nom. 
    La présence d'une liste Verts-Front de gauche, créditée 
d'environ 10% des intentions de vote par les sondages, semble le 
prédestiner à une inconfortable troisième place à l'issue du  
premier tour, face à un Front national en plein essor. 
    La question d'un "front républicain" se pose pour empêcher 
les listes de Marion Maréchal-Le Pen de s'imposer mais les 
socialistes du cru sont peu disposés à s'effacer au profit d'une 
droite jugée incompatible avec les valeurs de la gauche. 
    "Il y aura la décision politique que nous serons amenés à 
prendre en fonction du résultat du premier tour et je veux être 
le plus haut possible pour que cette question ne se pose pas", 
dit Christophe Castaner. 
    Sur des terres où il a toujours réalisé ses meilleures 
moissons électorales, le FN brigue la victoire. 
     
    LE FN EN CONQUÊTE 
    Marion Maréchal-Le Pen a été choisie pour mener le combat 
par sa tante Marine Le Pen, présidente du FN, et avec le soutien 
de son grand-père Jean-Marie qui, bien qu'en rupture de ban avec 
le parti qu'il a cofondé, a appelé ses nombreux soutiens dans la 
région à se rallier à la députée du Vaucluse. 
    La benjamine de la famille, qui fêtera ses 26 ans le 10 
décembre entre les deux tours du scrutin, a déjà réussi l'union 
des différentes sensibilités de l'extrême droite, à l'exception 
d'une liste de la Ligue du Sud conduite par le maire d'Orange 
Jacques Bompard, qui ne devrait guère la pénaliser. 
    La jeune égérie du FN n'hésite plus désormais à chasser les 
voix des déçus de droite jusque dans le fief de Christian 
Estrosi, dans les Alpes-Maritimes, dont elle a confié les rênes 
à un des anciens adjoints du maire de Nice. 
    Chez les Républicains, on mesure le danger que constituerait 
un "duel d'avant premier tour" avec la candidate frontiste. 
    "Elle incarne une forme de relève politique. Sa jeunesse est 
son meilleur atout et c'est un argument difficile à contrer", 
reconnaît-on dans les rangs du parti. 
    Christian Estrosi a donc misé sur son expérience de 
gestionnaire d'une grande ville française, Nice, pour endosser 
les habits du "capitaine à la barre du navire" apte à ramener 
"croissance et prospérité" en Provence-Alpes-Côte d'Azur. 
    Mais il joue aussi de son image droitière pour tenter de 
déborder la candidate du FN et venir "siphonner" ses voix, comme 
l'avait fait Nicolas Sarkozy lors de la présidentielle de 2007. 
"Il court tellement derrière le Front national qu'il a fini par 
le dépasser", raille Christophe Castaner. 
    La campagne a pris une nouvelle dimension après les 
attentats de Paris. 
    Les compétences régionales ont été mises en sommeil pour 
laisser la place aux enjeux nationaux, notamment sécuritaires, 
généralement porteurs pour l'extrême droite et mobilisateurs 
pour la gauche. 
 
 (Edité par Sophie Louet et Yves Clarisse) 
 
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