REGIONALES-Début d'un second tour à suspense

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    PARIS, 13 décembre (Reuters) - Un mois jour pour jour après 
les attentats de Paris, quelque 44,6 millions de Français sont 
appelés à voter dimanche pour un second tour des élections 
régionales qui s'annonce disputé entre la gauche, la droite 
classique et le Front national (FN). 
    Le premier tour, le 6 décembre, a été marqué par un taux 
d'abstention de 50,09% et les bons scores réalisés par la 
formation d'extrême droite, arrivée en première position au plan 
national avec 28% des suffrages.    
    Dans les 13 régions métropolitaines, les listes encore en 
lice s'affrontent dans deux duels (Nord-Pas-de-Calais-Picardie, 
Provence-Alpes-Côte d'Azur), dix triangulaires, et une 
quadrangulaire en Corse. 
    Le FN a viré en tête dans six régions 
(Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, Bourgogne-Franche-Comté, 
Centre-Val de Loire, Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, 
Nord-Pas-de-Calais-Picardie, PACA), la droite et ses alliés 
centristes dans quatre (Auvergne-Rhône-Alpes, Ile-de-France, 
Normandie et Pays de la Loire) et la gauche dans deux 
(Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, Bretagne) ainsi qu'en 
Corse. 
    La gauche peut espérer conserver la Guadeloupe et la 
Martinique, la droite est bien placée à La Réunion et en Guyane. 
    Face à la montée du FN, le Parti socialiste, sous 
l'impulsion de François Hollande et Manuel Valls, a réactivé un 
"front républicain" écorné en demandant à ses candidats de se 
retirer dans deux régions, laissant les seuls candidats de la 
droite affronter le FN. 
 
    CONSIGNE DU PS 
    Il s'agit du Nord-Pas-de-Calais Picardie où Marine Le Pen 
(40,64% au premier tour) est donnée perdante par plusieurs 
sondages face à Xavier Bertrand, qui accusait un retard de 15 
points sur son adversaire au soir du premier tour. 
    Et de Provence-Alpes-Côte d'Azur, où le duel entre Marion 
Maréchal-Le Pen (40,55%) et Christian Estrosi, à près de 14 
points derrière, s'annonce plus serré. 
    Le maire de Nice Christian Estrosi, un proche de Nicolas 
Sarkozy qui incarne l'aile droite des Républicains, s'est mué en 
candidat du rassemblement, en "résistant" gaulliste, pour 
attirer les voix des électeurs de gauche et des 
abstentionnistes. 
    Dans le Nord, Xavier Bertrand, qui a pris ses distances avec 
Nicolas Sarkozy, a assuré que la primaire à droite pour la 
présidentielle de 2017 n'était plus sa priorité et qu'il se 
consacrerait à la région s'il était élu. 
    En Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, le chef de file 
socialiste, Jean-Pierre Masseret, arrivé en troisième position, 
a refusé de se soumettre à la consigne du bureau national du PS 
et se présente sans étiquette PS au risque de favoriser le FN. 
    La triangulaire place le candidat FN Florian Philippot en 
position très favorable face au chef de file de la droite 
Philippe Richert, président sortant (LR) de l'Alsace. 
    Le Premier ministre, Manuel Valls, qui estime que le FN peut 
conduire à "la guerre civile", a appelé les électeurs de gauche 
à voter, en les nommant, pour Xavier Bertrand, Christian Estrosi 
et Philippe Richert. 
     
    SARKOZY CONTESTÉ 
    Très en retrait depuis le coup de semonce du premier tour, 
où la gauche est arrivée en troisième position, François 
Hollande est intervenu mercredi en conseil des ministres pour 
exhorter "tous les responsables politiques" à la "clarté". 
    Une déclaration interprétée à la fois comme un appel à faire 
barrage au FN et une critique à l'endroit de Nicolas Sarkozy, 
qui prône la doctrine du "ni ni" (ni fusion avec les listes PS, 
ni retrait face au FN) malgré des contestations internes. 
    L'ancien chef de l'Etat a estimé en outre mardi que voter FN 
n'était "pas immoral", dans l'espoir d'un report des voix de ses 
quelque six millions d'électeurs. 
    Dans les régions où, selon Jean-Christophe Cambadélis, "le 
total gauche permet de l'emporter", socialistes, écologistes 
et/ou Front de gauche ont fusionné leurs listes, à l'exception 
de la Bretagne où le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, 
bien placé pour l'emporter, a refusé une alliance avec EELV. 
    En Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, la socialiste Carole 
Delga est donnée largement gagnante par les sondages. En 
Normandie et en Ile-de-France, droite et gauche sont au coude à 
coude. 
    En Ile-de-France, la campagne s'est achevée dans 
l'acrimonie, le socialiste Claude Bartolone accusant son 
adversaire de droite Valérie Pécresse d'être l'avocate de "la 
race blanche". 
    Une victoire en Ile-de-France permettrait à la droite de 
gommer la contre-performance du premier tour, qui a sonné 
l'heure des explications dans l'ex-UMP où Nicolas Sarkozy est de 
plus en plus contesté en vue de la présidentielle de 2017. 
     
 
 (Service France, édité par Simon Carraud) 
 
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