REGIONALES-Bartolone et Pécresse se disputent l'Ile-de-France

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    * Pécresse et Bartolone au coude-à-coude 
    * La percée du FN Wallerand de Saint-Just 
    * Une campagne sous tension 
 
    par Simon Carraud 
    PARIS, 29 novembre (Reuters) - L'Ile-de-France est l'objet 
d'un âpre duel entre le socialiste Claude Bartolone et la chef 
de file de la droite, Valérie Pécresse, qui espère arracher à la 
gauche ce fief imprenable depuis 1998. 
    Dans cette région, la plus riche et la plus peuplée de 
France, les derniers sondages prêtent une bonne longueur 
d'avance à la liste Les Républicains-UDI-MoDem au second tour en 
 cas de triangulaire, probable, avec un Front national en plein 
essor dont les listes sont emmenées par Wallerand de Saint-Just, 
ancien compagnon de route de Jean-Marie Le Pen. 
    L'enjeu dépasse les frontières des huit départements de la 
région capitale : un succès de la gauche lui permettrait 
d'atténuer les effets d'éventuelles défaites ailleurs et la 
droite tiendrait son trophée face à une majorité fragilisée.     
                                                                 
       
    Mais la campagne ne se résume plus à ce seul duel : le Front 
national, qui avait échoué à moins de 10% il y a cinq ans, est 
cette fois-ci en position d'accéder au second tour. 
    Dans un sondage Odoxa réalisé du 19 au 21 novembre, Valérie 
Pécresse distance nettement Claude Bartolone, qui se retrouve à 
égalité avec Wallerand de Saint-Just au premier tour : 33% pour 
la liste LR-UDI-MoDem, 23% pour le président de l'Assemblée et 
le candidat du FN. 
    Au second tour, malgré de bons reports de voix, Claude 
Bartolone serait battu par l'ancienne ministre de Nicolas 
Sarkozy (40% contre 35%) et Wallerand de Saint-Just 
recueillerait 25% des voix. 
    Galvanisé par les bons scores du FN dans les sondages depuis 
les attentats de Paris, l'avocat, qui avait recueilli moins de 
7% dans le XVe arrondissement aux municipales de 2014, a mis en 
cause "la responsabilité morale et intellectuelle des hommes 
politiques et des intellectuels" dans les événements du 13 
novembre. 
     
    LE FN AU CENTRE DU JEU 
    "A la place de Claude Bartolone, je m'interrogerais sur ma 
responsabilité", a déclaré sur France Inter celui qui, après 
avoir introduit le mot-dièse "#ExaequoAvecBarto" sur les réseaux 
sociaux, proclame désormais : "#WallerandPasseDevant". 
    Le président de l'Assemblée, en lequel la majorité fonde ses 
espoirs après l'éviction du président sortant Jean-Paul Huchon, 
qui briguait un quatrième mandat à la tête de la région, affirme 
faire campagne "par devoir". 
    "Si j'avais dit 'non' pour préserver mon petit confort 
personnel et mon statut, je n'aurais pas pu me regarder dans la 
glace", explique-t-il. 
    Son duel face à Valérie Pécresse, sèchement battue en 2010 
avec 43,31% suffrages au second tour, a tourné aux invectives, 
aux polémiques, voire même aux plaintes en diffamation. 
    Claude Bartolone accuse la députée des Yvelines d'envoyer 
des "messages subliminaux" aux électeurs du FN faute de réserve 
de voix pour le second tour. 
    "Les vrais adversaires du FN, c'est nous", réplique Valérie 
Pécresse. "Ne soyez pas les dindons de la farce des socialistes 
qui instrumentalisent le FN pour nous faire perdre", 
répète-t-elle à ses électeurs. 
    Même s'ils concourent séparément au premier tour, la 
secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), 
Emmanuelle Cosse, et Pierre Laurent, secrétaire national du 
Parti communiste, sont prêts à prêter renfort à Claude Bartolone 
au second tour. 
    A droite, Nicolas Dupont-Aignan entretient le doute. 
 
 (avec Sophie Louet et Elizabeth Pineau, édité par Yves 
Clarisse) 
 
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