REGIONALES-"Acal", la région dont personne ne voulait

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    * Une entité née au forceps 
    * Richert porte les espoirs de la droite 
    * Florian Philippot veut déjouer les sondages 
 
    par Gilbert Reilhac 
    STRASBOURG, 29 novembre (Reuters) - 
A lsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, la nouvelle région dont 
personne ne voulait, est un enjeu-clé pour la droite qui mise 
pour la conquérir sur son unique sortant Philippe Richert, gêné 
dans son entreprise par la poussée du Front national. 
    L'arithmétique électorale est favorable au président (Les 
Républicains) du conseil régional d'Alsace, même si deux des 
trois régions se sont donné un président de gauche depuis 2004. 
    L'accouchement au forceps de la nouvelle collectivité a 
toutefois laissé des cicatrices qui pèsent sur la campagne. 
    "En Champagne-Ardenne, ils se souviennent qu'on ne voulait 
pas d'eux", avouait Philippe Richert, début novembre. 
    L'ancien ministre des collectivités territoriales de Nicolas 
Sarkozy (2010-2012) avait porté en 2011 un projet de 
collectivité unique d'Alsace qu'une participation insuffisante 
au référendum organisé en 2013 avait envoyé aux oubliettes. 
    Le centriste avait tenté de rebondir en juin 2014 en 
proposant avec Jean-Pierre Masseret, son homologue socialiste de 
Lorraine, une fusion dans laquelle ils auraient vu du "sens". 
    Le Parlement a décidé de leur adjoindre Champagne-Ardenne, 
faute d'avoir trouvé pour celle-ci un autre prétendant. 
    Florian Philippot, vice-président du Front national et tête 
de liste dans la région, ironise sur les échecs de son 
adversaire de droite, qu'il devancerait ou suivrait de peu au 
premier tour, selon les sondages. L'Alsacien l'emporterait d'une 
courte tête au second tour. 
     
    LE FN VEUT REVENIR AUX ENTITÉS PASSÉES 
    "Philippe Richert a été incapable de défendre sa propre 
région. Je ne vois pas comment il fera, demain, pour défendre la 
grande région", dit-il à Reuters. 
    Le FN, s'il est porté au pouvoir, s'est engagé à revenir aux 
anciennes régions auxquelles seraient de surcroît retirées 
certaines prérogatives au profit des départements. 
    "Je ne suis pas président sortant, c'est un atout. Je ne 
peux pas être suspecté de vouloir favoriser un acteur plutôt 
qu'un autre", souligne Florian Philippot, parachuté en Moselle 
en 2012 où il n'a réussi à conquérir qu'un siège de conseiller 
municipal à Forbach, outre son mandat de député européen. 
    L'assertion est à peine démentie par sa volonté, au motif 
d'une meilleure centralité, de faire de Metz (Moselle) la 
capitale politique régionale, statut promis à Strasbourg. 
    Fort d'une présence régulière dans les médias, le bras droit 
de Marine Le Pen est en outre la seule des neuf têtes de liste 
familière aux électeurs des trois anciennes régions. 
    Philippe Richert le dit : s'il repart au combat, c'est pour 
relever deux défis, "réussir la réforme territoriale" et 
"conjurer la menace du Front national". 
    Aux électeurs qui craignent une perte des identités 
régionales, il insiste sur la menace que le FN ferait peser sur 
le droit local et des cultes concordataire, spécifiques à 
l'Alsace et à la Moselle. 
     
    LES ALSACIENS SATISFAITS DE LEUR RÉGION 
    Jean-Pierre Masseret, qui conduit une liste socialiste 
handicapée par l'absence du Front de gauche et des écologistes, 
veut faire la différence avec un argument: 
"Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine est la seule région où l'on 
peut comparer une politique de gauche à une politique de 
droite", dit-il. 
    Il souligne la meilleure qualité de vie supposée des 
Lorrains et des Champenois par rapport à celle des Alsaciens, 
grâce aux subventions plus importantes versées par leur conseil 
régional dans des domaines comme les transports. 
    Un sondage BVA révélait pourtant fin octobre que les 
Alsaciens étaient les Français les plus satisfaits de la gestion 
de leur région (54% contre 36% des Lorrains et 35% des habitants 
de Champagne-Ardenne). 
    Face aux incertitudes du second tour, Florian Philippot 
relaye les rumeurs d'une possible fusion des listes de droite et 
de gauche, voire d'un désistement de la liste Masseret si 
celle-ci arrivait troisième. Les intéressés démentent 
formellement. 
    Philippe Richert estime de son côté qu'une partie des 
électeurs de gauche voteraient pour lui au second tour en cas de 
victoire possible du FN. 
    Un calcul qui, conjugué à ses convictions, a pu le conforter 
dans son refus de garder Nadine Morano sur sa liste, après les 
propos de la députée européenne LR, dans une émission de 
télévision, sur la France "pays de race blanche". 
    Tête de liste en Moselle, l'ancienne ministre de Nicolas 
Sarkozy avait été évincée par l'ancien chef de l'Etat. 
 
 (Edité par Yves Clarisse et Sophie Louet) 
 
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