Regain de tensions interreligieuses à Djakarta

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    DJAKARTA, 24 novembre (Reuters) - Le président indonésien, 
Joko Widodo, a lancé jeudi un appel au calme et des hélicoptères 
de la police ont largué des tracts au-dessus de Djakarta à la 
veille d'une nouvelle journée de manifestation de la communauté 
musulmane. 
    Le pays qui compte le plus grand nombre de musulmans de la 
planète traverse une nouvelle phase de tensions interreligieuses 
depuis que le gouverneur chrétien de Djakarta, Basuki Tjahaja 
Purnama, a été accusé d'avoir insulté le Coran. 
    Le 4 novembre, quelque 100.000 manifestants musulmans ont 
défilé dans la capitale pour réclamer son éviction. De brèves 
échauffourées ont éclaté, faisant un mort et plus de 100 
blessés. 
    Le président Widodo, qui s'est entretenu depuis avec des 
responsables politiques et religieux ainsi qu'avec les chefs des 
services de sécurité, a accusé des "acteurs politiques", sans 
les identifier, d'avoir attisé les tensions. 
    "Je ne veux transmettre qu'un seul mot : l'optimisme. 
N'oublions pas ce mot, même si la situation politique est un peu 
tendue", a-t-il dit jeudi lors d'un forum d'investisseurs. 
    La police, qui prévoit de déployer 18.000 agents, a largué 
pour sa part quelque 50.000 tracts au-dessus de Djakarta. Elle   
met en garde contre les conséquences de troubles à l'ordre 
public ou d'"activités subversives", des délits qui peuvent être 
passibles selon leur degré de gravité de la réclusion criminelle 
à perpétuité, voire de la peine de mort 
    "Il s'agit de mesures de sécurité supplémentaires et 
préventives pour rappeler à la population qu'elle ne doit pas 
enfreindre la loi", a déclaré le porte-parole de la police de 
Djakarta, Awi Setiyono.  
    Plusieurs organisations musulmanes modérées ont également 
lancé des appels à la retenue. Mais la police redoute que des 
groupes radicaux ne tentent de détourner la manifestation de 
vendredi afin de déstabiliser le pouvoir. 
    Le gouverneur Purnama, premier chrétien d'origine chinoise 
élu à ce poste, a provoqué le raidissement des relations entre 
communautés religieuses par ses propos sur l'utilisation du 
Coran par ses adversaires en vue de l'élection de février 
prochain. Il est visé depuis la semaine dernière par une enquête 
pour blasphème. 
 
 (Kanupriya Kapoor et Hidayat Setiaji, Henri-Pierre André pour 
le service français) 
 
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