Regain d'inquiétude des investisseurs pour l'Allemagne

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L?INDICE ZEW EN ALLEMAGNE
L?INDICE ZEW EN ALLEMAGNE

par Eva Kuehnen et Sakari Suoninen

MANNHEIM (Reuters) - Le sentiment des investisseurs et analystes se dégrade nettement en Allemagne en avril, dans la crainte de voir les derniers soubresauts de la crise de la dette en Europe et le ralentissement de l'économie mondiale peser sur la première économie européenne.

L'indice du sentiment des investisseurs calculé par l'institut ZEW a chuté à 36,3 contre 48,5 en mars, nettement en deçà des attentes des économistes qui l'attendaient en moyenne à 42,0.

La publication de l'indicateur a fait reculer l'euro à son plus bas niveau du jour.

"Il y a de plus en plus d'éléments pointant vers des risques pour la croissance", a déclaré le président du ZEW Clement Fuest. "Nous avons eu des données décevantes sur la Chine, sur le marché américain du travail, sur les exportations allemandes. Il y avait des doutes sur la vigueur de la reprise et pour certains ces doutes sont maintenant confirmés."

Après avoir longtemps fait preuve de résistance face à la crise de la zone euro, l'activité en Allemagne a ralenti tout au long de 2012 avant de se contracter de 0,6% lors des trois derniers mois de l'année.

Les économistes tablent sur une hausse, certes faible, du produit intérieur brut au premier trimestre 2013, ce qui permettrait d'éviter une récession, mais la forte baisse des importations et des exportations en février ainsi que la faiblesse de la production industrielle instillent quelques doutes quant à ces prévisions.

Un coup de frein brutal de l'activité compliquerait les affaires de la chancelière Angela Merkel qui brigue un troisième mandat à l'occasion des élections législatives de septembre.

COUP D'ARRÊT À LA REPRISE ?

"La baisse de l'indice ZEW en avril témoigne de la crainte des investisseurs d'un coup d'arrêt à la reprise", affirme Jennifer McKeown, économiste chez Capital Economics. "Pour nous, l'Allemagne devrait continuer à surperformer les autres pays de la zone euro mais il est encore trop tôt pour espérer une reprise forte et durable."

"Nous maintenons notre prévision d'une stagnation cette année et d'une croissance limitée à 0,5% d'ici 2015", ajoute-t-elle.

"Les difficultés commencent à s'amonceler pour le monde des affaires, qu'il s'agisse de la crise chypriote, de la récession dans la zone euro ou du ralentissement en Chine", note de son côté David Brown, chez New View Economics.

La décision de la cour constitutionnelle portugaise d'invalider certaines des mesures d'austérité au Portugal et le débat interminable sur l'union bancaire en Europe ont aussi été cités comme facteurs de risque par Clement Fuest.

Le gouvernement allemand, réservé depuis le début sur le projet d'union bancaire, estime qu'il nécessitera une révision des traités européens, ce qui risque encore d'en retarder la mise en oeuvre - au grand dam, manifestement, de l'institut ZEW.

L'enquête a été menée du 2 au 15 avril auprès de 243 analystes et investisseurs. Malgré sa forte baisse, l'indicateur reste à son troisième meilleur niveau de ces deux dernières années, a tempéré l'institut de Mannheim.

Véronique Tison pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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