Réfugiés-Cazeneuve annonce 1.000 euros pour chaque place créée

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* Une aide forfaitaire de 1.000 euros par place * Les crédits "indispensables" débloqués prochainement * Pas de concurrence entre les solidarités, promet Valls (Actualisé avec Nicolas Sarkozy §10 et Hollande à Cergy-Pontoise §19) PARIS, 12 septembre (Reuters) - Une aide exceptionnelle forfaitaire de 1.000 euros par place sera apportée à chaque commune qui créera des hébergements supplémentaires pour accueillir des demandeurs d'asile et des réfugiés d'ici 2017, a annoncé samedi Bernard Cazeneuve. La France s'est engagée à accueillir 24.000 réfugiés sur deux ans, en plus des 6.750 déjà demandés par l'Union européenne, conformément au plan de la Commission de répartir 160.000 réfugiés dans l'UE. Paris va également accueillir en urgence 1.000 demandeurs d'asile arrivés en Allemagne. "Nous avons, au terme d'une discussion avec l'Association des maires de France (AMF), proposé un soutien exceptionnel et forfaitaire à la mobilisation des communes qui créeront sur leur territoire des places d'hébergement supplémentaires d'ici 2017, pour un montant de 1.000 euros par place d'hébergement", a déclaré le ministre de l'Intérieur. Des "dispositifs complémentaires" seront également débloqués pour les propriétaires publics ou privés qui souhaiteraient contribuer à cet effort de solidarité, a-t-il ajouté. Bernard Cazeneuve s'exprimait devant les représentants de près de 600 villes de France volontaires pour accueillir des réfugiés. ID:nL5N11H2ZZ Cette réunion, qualifiée de "très opérationnelle" par le ministère de l'Intérieur, visait à recenser les propositions d'hébergement émanant de ces communes, leur expliquer l'organisation du dispositif, et "préciser" le rôle de l'Etat, qui a vocation à le prendre en charge financièrement. "Il faut soutenir les communes courageuses, volontaristes, qui envisagent l'avenir avec générosité", a déclaré le Premier ministre Manuel Valls en clôture de ce rassemblement. "Il nous revient d'apporter des réponses concrètes aux inquiétudes des Français en organisant l'arrivée des réfugiés, de manière sérieuse, pragmatique et intelligente. Sans céder à la panique, et sans la provoquer", a-t-il ajouté, faisant savoir que "de nouvelles places d'hébergement" seraient financées, mais sans en préciser le nombre. "Après évaluation précise de la situation, les crédits indispensables seront débloqués dans les prochaines semaines." Lors d'un discours à l'occasion du Campus des Jeunes Républicains au Touquet (Pas-de-Calais), le président du parti de droite, Nicolas Sarkozy, a fustigé l'aide financière annoncée, jugée "provocante" et "ridicule" face à "ce défi immense". "IL FAUT RÉUSSIR CET ACCUEIL" Avec la mise en place de l'accueil des réfugiés et demandeurs d'asile, certaines associations s'inquiètent de voir s'épuiser les crédits pour le financement de dispositifs d'accueil visant d'autres populations vulnérables, notamment les SDF à l'approche de l'hiver. "Nous veillerons, en ces circonstances particulières, à ce qu'il n'y ait aucun effet de ricochet, aucune concurrence entre l'exercice de tous nos devoirs de solidarité", a insisté samedi Manuel Valls. Rappelant l'accueil réservé par la France à des réfugiés d'autres nationalités au cours de son Histoire, le Premier ministre a estimé que ce que l'on retiendrait de cette époque "c'est la solidarité (...), c'est l'accueil (...), c'est l'intégration". "C'est pour cela qu'il faut réussir cet accueil, et demain cette intégration, et demain ces naturalisations", a-t-il dit. Chaque préfet nommera un coordinateur local pour assurer la mise en place concrète de cet accueil à travers le pays. Dans l'entourage du ministre de l'Intérieur, on se félicitait vendredi du volume "inattendu" de villes volontaires, parmi lesquelles figurent les 50 plus grosses du pays, dans quasiment tous les départements de France. La "cartographie" de l'offre d'accueil (places d'urgence pour les demandeurs d'asile et logements pérennes pour les réfugiés) issue de cette réunion ne sera que le point de départ, soulignait-on par ailleurs. De nombreuses villes volontaires n'étaient en effet pas présentes samedi, et certains élus toujours indécis souhaitent par exemple discuter de la question avec leur conseil municipal avant de se prononcer. François Hollande, qui a rendu visite dans l'après-midi à des réfugiés syriens accueillis à Cergy-Pontoise, a aussi annoncé samedi un "renforcement de la contribution de la France aux organismes et agences des Nations Unies" engagés dans les pays voisins de la Syrie, où se réfugient de nombreux demandeurs d'asile. (Chine Labbé, édité par Eric Faye)

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