Reflux du crédit à la consommation en France

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INFOGRAPHIE - Moins de 50 milliards d'euros accordés aux ménages français sur un an, c'est le plus bas niveau depuis 2006.


Ce n'est pas sur le crédit à la consommation qu'il faudra compter pour améliorer la morosité ambiante. Selon les chiffres publiés mardi par la Banque de France, le montant de ces crédits accordés en France sur douze mois ont atteint en juin leur plus bas niveau depuis 2006. Une tendance confirmée par l'étude de l'Association des sociétés financières (ASF), parue le mois dernier. Il en ressort notamment une baisse moyenne de 1,7% de la production de crédit au deuxième trimestre 2011 après quatre trimestres consécutifs de progression (+9,3% au 1er trimestre 2011).

«Il s'agit d'une inflexion importante, souligne Nicolas Pécourt, directeur de la prospective chez Crédit agricole Consumer Finance. Après une mauvaise année 2009, le marché avait repris timidement au début 2010 avant cette rechute.» C'est notamment la fin de la prime à la casse et le reflux du crédit renouvelable qui expliquent cette situation. Le financement automobile a ainsi connu un chant du cygne au 1er trimestre 2011 (période des dernières livraisons ouvrant droit à cette aide) avec une progression de 14% avant de passer à -2,7% au deuxième trimestre.

Des produits moins chers

Quant au crédit renouvelable réformé par la loi Lagarde, il poursuit et accélère sa décrue. En 2010, son poids dans la production totale de crédits à la consommation est passé de 40% à 37% puis de 37% à 34% sur le 1er semestre 2011. «Avec cette loi, il va à nouveau se recentrer sur ses deux vocations premières: le financement des achats de petit montant et la trésorerie des ménages», estime Nicolas Pécourt.

Par ailleurs, la consommation en berne de ces derniers mois n'améliore pas la situation. À défaut de renoncer à acheter, les consommateurs français optent pour des produits moins chers et empruntent donc moins. Les financements des biens d'équipements des foyers reculent ainsi de 10,3% au 2e trimestre. Et, pour couronner le tout, le taux moyen sur les crédits remonte progressivement depuis le début de l'année (voir graphique).

Il en faut plus pour décourager les professionnels du crédit à la consommation. «Contrairement aux idées reçues, les Français y ont moins recours que leurs voisins: 13,2% de leur consommation contre 15,8% pour les Allemands», rappelle Nicolas Pécourt. Un différentiel de 20% que les prêteurs ne demandent qu'à combler pour le plus grand bien de la consommation et de leurs affaires.

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