Référendum néerlandais sur l'Ukraine, test du sentiment européen

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    AMSTERDAM, 6 avril (Reuters) - Les Néerlandais se prononcent 
ce mercredi sur l'accord d'association signé entre l'Union 
européenne et l'Ukraine à l'occasion d'un référendum non 
contraignant qui donnera cependant une nouvelle mesure du 
sentiment vis-à-vis de la construction européenne. 
    L'accord, qui porte sur le commerce, la politique et la 
défense, est déjà en place à titre provisoire. Mais il doit être 
ratifié par les 28 Etats membres de l'UE pour avoir pleine force 
légale. Les Pays-Bas sont le seul pays à ne pas l'avoir ratifié. 
    Le référendum n'est que consultatif et si le "non" 
l'emporte, le gouvernement néerlandais ne sera pas tenu de 
bloquer le traité au niveau européen. "C'est un référendum 
consultatif, donc la seule chose que la loi requiert est que 
nous reconsidérions le sujet", a souligné mardi le ministre des 
Finances, Jeroen Dijsselbloem. 
    Mais il serait difficile pour le Premier ministre Mark 
Rutte, dont le pays assure ce semestre la présidence de l'UE, de 
ne pas tenir compte de l'opinion de ses concitoyens si ces 
derniers sont majoritairement hostiles à l'accord signé avec 
Kiev.  
    Appliquer le traité malgré un éventuel "non" néerlandais 
renforcerait en outre les critiques relatives à un déficit 
démocratique au sein de l'UE et pourrait conforter les partisans 
britanniques d'un Brexit à deux mois et demi du référendum du 23 
juin. 
    Durant la campagne référendaire, les partisans de l'accord 
signé avec Kiev ont souligné qu'un rejet serait une victoire 
symbolique pour Vladimir Poutine, qui soutient les séparatistes 
prorusses de l'Est ukrainien. Ces séparatistes sont accusés 
d'avoir détruit en vol en juillet 2014 un avion de ligne de la 
Malaysia Airlines qui transportait 298 passagers et membres 
d'équipage, dont près de 200 Néerlandais.  ID:nL8N12D331  
    Le référendum de mercredi est le fruit d'une initiative 
populaire rendue possible par la loi depuis l'année dernière. 
Des groupes eurosceptiques sont à l'origine de la pétition qui a 
réuni suffisamment de signatures pour contraindre le 
gouvernement à organiser cette consultation. 
    Dans les sondages, le "non" est en tête des intentions de 
vote mais la participation devrait rester faible. Un taux 
minimal de 30% des inscrits est requis pour valider la 
consultation. 
    Les bureaux de vote, qui ont ouvert à 07h30 (05h30 GMT), 
fermeront à 21h00. Les premiers sondages sortie des urnes seront 
aussitôt connus. 
 
 (Toby Sterling; Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour 
le service français) 
 
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  • wanda6 il y a 8 mois

    " un référendum non contraignant "