Référendum en Irlande sur le mariage homosexuel

le , mis à jour à 17:26
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(Actualisé vote, forte participation, citations) par Conor Humphries et Padraic Halpin DUBLIN, 22 mai (Reuters) - Les électeurs irlandais se sont rendus aux urnes vendredi pour se prononcer par référendum sur le mariage homosexuel qui devrait voir une large victoire du "oui", soutenu par tous les partis politiques, vingt-deux ans après la dépénalisation de l'homosexualité. Selon une estimation à la mi-journée relayée par la chaîne publique de télévision RTE, la participation pourrait être l'une des plus fortes lors d'une consultation référendaire depuis des années. "C'est étonnant. A ce stade, je dirais que la participation pourrait être supérieure d'environ 50% à celle du dernier référendum", a déclaré James Barry, scrutateur à Dublin, sur la radio Newstalk. Le taux de participation avait atteint 39% lors du précédent référendum proposant la suppression de la chambre haute du parlement en 2013. Le résultat de la consultation, qui sera proclamé samedi, devrait dépendre de la mobilisation des jeunes électeurs qui se sont enregistrés en nombre sur les listes électorales alors que la campagne gagnait en importance. Ce scrutin pourrait également traduire une fracture entre les villes et les campagnes. Cette tendance avait déjà été observée en 1995 lors du vote sur la légalisation du divorce, seulement soutenue par cinq des 30 circonscriptions en dehors de Dublin. En 1993, la dépénalisation de l'homosexualité, qui avait mis l'Irlande en accord avec tout le reste de l'Europe occidentale, avait profondément divisé une opinion très croyante. Aujourd'hui, pourtant, seuls deux des 166 députés militent dans le camp du "No" et le Premier ministre Enda Kenny, catholique pratiquant, s'est même rendu dans un bar gay. Les instituts de sondage donnent les partisans du mariage homosexuel vainqueurs avec deux fois plus de voix que ses adversaires. AMBIANCE FESTIVE La hiérarchie de l'Eglise catholique, fragilisée par des scandales à répétition, notamment des accusations d'abus sexuels, s'est tenue à l'écart de la campagne officielle, même si l'archevêque de Dublin est intervenu dans la dernière ligne droite. "L'époque où les évêques disaient aux gens comment voter est depuis longtemps révolue mais nous avons constamment dit qu'il ne s'agissait pas d'un sujet simple", a déclaré Mgr Diarmuid Martin sur l'antenne de la RTE, la radiotélévision irlandaise. "Le mariage ne concerne pas seulement deux personnes qui tombent amoureuses, le mariage est lié à la famille et aux enfants et on ne peut pas les séparer." La consultation a pris une dimension internationale et le mot-clé #VoteYes est devenu l'un des sujets les plus commentés sur Twitter. Des milliers d'expatriés irlandais vivant en Grande-Bretagne mais également certains à New York ou Sydney sont rentrés au pays pour voter. "C'est une ambiance festive. On a accroché des affiches et gonflé des ballons", a commenté Joey Kavanagh qui, avec 50 compatriotes, a fait huit heures de trajet en train et en ferry de Londres à Dublin. En Grande-Bretagne, l'homosexualité a cessé d'être un délit en 1967, mais l'Irlande, où le sujet restait tabou, a longtemps résisté. Dans les années 1970, l'unique bar homo de Dublin était étroitement surveillé et les timides Gay Pride étaient huées. Une première tentative de dépénalisation a échoué en 1983. La Cour suprême avait alors jugé l'homosexualité "moralement condamnable". La réforme de 1993 n'a elle même été entreprise qu'après l'arrêt de la Cour européenne de Strasbourg, qui a jugé la législation irlandaise contraire à la Convention des droits de l'homme. Un tiers seulement des Irlandais y étaient favorables, selon les sondages de l'époque. Depuis, la société a beaucoup évolué et l'influence de l'Eglise sur la classe politique a reflué. Les bars homo se sont multipliés à Dublin et la Gay Pride attire désormais 40.000 personnes. (Jean-Philippe Lefief, Henri-Pierre André et Pierre Sérisier pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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  • M3182284 le vendredi 22 mai 2015 à 17:21

    Les enfants ne votent pas eux.