Référendum constitutionnel en République centrafricaine

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    BANGUI, 13 décembre (Reuters) - Les électeurs centrafricains 
étaient appelés aux urnes ce dimanche pour un référendum 
constitutionnel inscrit dans un processus électoral que 
dénoncent les ex-rebelles de la Séléka, partisans de la 
formation d'un nouveau gouvernement de transition. 
    L'adoption attendue de la nouvelle Constitution ouvrira la 
voie aux élections présidentielle et législatives fixées au 27 
décembre, appelées à parachever le retour d'un processus 
démocratique dans un pays toujours dirigé par un cabinet et une 
présidente de transition. 
    Les opérations de vote ont commencé avec du retard dans un 
bon nombre de quartiers de la capitale, Bangui, où des files 
d'attente se sont formées devant les bureaux de vote. 
    Les tirs entendus dans la nuit aux abords du quartier PK5, 
où vivent retranchés les musulmans de la ville, se sont 
poursuivis dimanche dans la matinée. Des habitants de cette 
enclave musulmane ont marché en direction du siège de la mission 
des casques bleus de l'Onu pour se plaindre de ne pas pouvoir 
aller glisser leur bulletin dans l'urne. 
    Dans un communiqué diffusé dimanche matin, la coalition de 
la Séléka a estimé que les conditions - parmi lesquelles le 
retour des réfugiés - n'étaient pas réunies pour permettre un 
déroulement des prochaines élections. 
    "La République centrafricaine n'est pas prête à organiser 
des élections inclusives, démocratiques, crédibles, sûres et 
transparentes", ont estimé les ex-rebelles. 
    "Une troisième équipe de transition, consensuelle, est 
nécessaire. Les élections et le référendum doivent être 
annulés", ont-ils continué. 
    La République centrafricaine a sombré dans le chaos au début 
2013, les rebelles de la Séléka, majoritairement musulmans, 
s'emparant alors de Bangui. Les exactions qu'ils commettaient 
ont entraîné des représailles de la part des milices chrétiennes 
anti-balaka et le pays a connu des violences intercommunautaires 
qui ont fait des milliers de morts et provoqué le déplacement de 
près d'un demi-million d'habitants. 
    Ce mois-ci, Nourredine Adam, chef de l'une des principales 
composantes de la Séléka, a menacé de s'opposer à la tenue des 
scrutins dans les secteurs sous son contrôle. 
    Le porte-parole du gouvernement, Dominique Saïd Panguindji, 
a reconnu qu'il y avait eu plusieurs incidents à Bangui et dans 
d'autres parties du pays. Malgré cela, la situation est calme 
dans l'ensemble et la participation au référendum est bonne, 
a-t-il ajouté. 
 
 (Anthony Fouchard et Sebastien Lamba; Eric Faye pour le service 
français) 
 
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