Référendum constitutionnel en Côte d'Ivoire

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    par Joe Bavier et Loucoumane Coulibaly 
    ABIDJAN, 30 octobre (Reuters) - Une nouvelle Constitution 
présentée par le président ivoirien Alassane Ouattara est 
soumise ce dimanche à l'approbation des électeurs dans le cadre 
d'un référendum que boycotte l'opposition. 
    Le texte supprime notamment la clause d'"ivoirité", soit 
l'obligation faite aux candidats à la présidence de la 
République d'avoir des parents nés ivoiriens.  
    Cette clause est depuis longtemps source de tensions en Côte 
d'Ivoire, pays à forte immigration étrangère. Elle a surtout été 
brandie par les adversaires de l'actuel chef de l'Etat pour 
l'empêcher de se présenter à la présidentielle. 
    Alassane Ouattara avait promis l'an dernier lors de la 
campagne en vue de sa réélection qu'il ferait abolir cette 
clause, afin de tourner la page sur plus d'une décennie de 
violences politiques qui ont tourné à la guerre civile en 
2002-2003 puis en 2010-2011, quand le président sortant, Laurent 
Gbagbo, contestait la victoire de son rival au scrutin de 
novembre 2010. 
    Réélu il y a un an, Ouattara présente son projet, approuvé 
il y a un peu moins de trois semaines par l'Assemblée nationale, 
comme une garantie pour l'approfondissement de la paix et de la 
stabilité politique en Côte d'Ivoire. 
    Mais des partis de l'opposition ont appelé au boycottage des 
urnes, estimant que cette nouvelle Constitution visait à 
renforcer la coalition qui soutient Ouattara. 
    Le "oui" devrait l'emporter, jugent des analystes, qui 
ajoutent que le chiffre de la participation sera également 
important. 
    Malgré cinq ans de paix et de relance de l'économie, les 
Ivoiriens restent profondément divisés sur des lignes de faille 
politiques et ethniques. 
    La constitution actuelle a été rédigée à la suite du coup 
d'Etat militaire mené en 1999 par le général Robert Guéï. 
    Sa clause la plus controversée, la clause d'"ivoirité", 
exigeait des candidats à l'élection présidentielle que leurs 
deux parents soient nés ivoiriens. Elle était devenue un symbole 
d'exclusion pour de nombreux habitants, principalement ceux du 
nord du pays, y compris Ouattara, dont les racines familiales 
sont souvent réparties de part et d'autres des frontières avec 
le Burkina Faso et le Mali notamment. 
    La nouvelle Constitution abroge cette disposition et prévoit 
qu'un seul parent né ivoirien suffira pour valider une 
candidature à la magistrature suprême. Elle crée aussi un poste 
de vice-président et dote le Parlement d'une seconde chambre, un 
Sénat, au côté de l'actuelle Assemblée nationale. 
    Mais elle fixe aussi de nouvelles normes pour une révision 
de la Constitution, qui n'exigeraient plus la tenue d'un 
référendum mais un simple vote des Parlementaires à la majorité 
qualifiée des deux tiers. Des groupes de défense des droits de 
l'homme y voient un risque potentiel. 
    De même, des organisations de la société civile et des 
diplomates ont critiqué le processus constituant, regrettant une 
absence de transparence dans l'élaboration du texte et un 
calendrier trop serré: depuis son approbation par les députés, 
les électeurs n'ont eu qu'une vingtaine de jours pour se faire 
un avis sur ses 184 articles. 
 
 (Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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