Réélu, Hugo Chavez promet plus d'efficacité au Venezuela

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ÉLECTION AU VENEZUELA
ÉLECTION AU VENEZUELA

par Brian Ellsworth et Helen Murphy

CARACAS (Reuters) - Réélu président dimanche pour un nouveau mandat de six ans face au jeune candidat d'une opposition unie, Hugo Chavez s'est engagé à apporter davantage d'efficacité au fonctionnement de l'appareil d'Etat vénézuélien.

Au pouvoir depuis bientôt 14 ans, le président sortant a remporté 55% des suffrages, contre 45% pour son rival, Henrique Capriles, qui l'a menacé dans les urnes comme aucun autre avant lui.

Hugo Chavez avait été réélu avec une avance de 25 points en 2006 et le score réalisé six ans plus tard par une opposition pour une fois rassemblée derrière un seul candidat illustre une montée du mécontentement populaire face aux problèmes de la vie quotidienne : criminalité, pannes de courant et corruption.

"Nous entamons aujourd'hui un nouveau cycle de gouvernement, au cours duquel nous avons l'obligation de répondre par une plus grande efficacité et un meilleur rendement aux besoins de notre peuple", a déclaré Hugo Chavez du balcon du palais présidentiel de Miraflores devant une foule en liesse.

"Je vous promets d'être un meilleur président. Le Venezuela continuera au XXIe siècle sur la voie du socialisme démocratique et bolivarien", a-t-il ajouté.

AVEC L'ÉPÉE DE BOLIVAR

"Aujourd'hui, nous avons montré que la démocratie vénézuélienne était l'une des meilleures au monde et nous allons continuer à le prouver", a-t-il lancé, vêtu de sa traditionnelle chemise rouge et brandissant une réplique de l'épée de Simon Bolivar, héros de la lutte pour l'indépendance des pays de la région au XIXe siècle dont il s'inspire.

La victoire du président sortant ne souffre aucune discussion, d'autant plus qu'elle a été acquise avec un taux de participation record de 80%.

L'ambiance était au contraire à la tristesse au siège de campagne d'Henrique Capriles où certains de ses partisans étaient en pleurs.

L'air abattu, Henrique Capriles a accepté sa défaite et adressé ses "félicitations" au président. Ce jeune gouverneur de province de 40 ans s'est dit fier du grand nombre d'électeurs qui ont choisi de voter pour lui. "J'espère que le mouvement politique au pouvoir depuis 14 ans réalise que près de la moitié du pays n'est pas d'accord avec lui", a-t-il dit.

L'opposition, unifiée sous la bannière de la coalition Unité démocratique, va désormais se préparer aux élections régionales de décembre où elle tentera d'accroître son influence au niveau local.

De son côté, comme il l'a souvent fait par le passé après une victoire électorale, Hugo Chavez pourrait mettre en oeuvre des réformes radicales. Son goût pour les nationalisations pourrait toucher de nouveaux secteurs comme la banque, l'alimentaire ou la santé.

ANTI-IMPÉRIALISME

Se voulant l'héritier de Simon Bolivar, Hugo Chavez a consacré les dollars du pétrole vénézuélien à des programmes de lutte contre la pauvreté, jouant habilement de ses origines modestes pour établir une relation étroite avec le peuple.

Le président entamera son nouveau mandat le 10 janvier.

Après avoir modifié la Constitution pour permettre à un candidat de se présenter autant de fois que possible, Hugo Chavez pourrait aussi être tenté de retoucher une fois encore la loi fondamentale pour favoriser le maintien au pouvoir de sa formation, le Parti socialiste, si le cancer, qu'il semble avoir vaincu pour l'heure, devait se manifester à nouveau.

Depuis sa première victoire électorale en décembre 1998, cet ancien militaire haut en couleurs aujourd'hui âgé de 58 ans s'est posé en porte-drapeau de "l'anti-impérialisme", critiquant allégrement les Etats-Unis tout en se liant à des régimes dénoncés par l'Occident comme l'Iran ou la Biélorussie.

Illustrant le soulagement de ses alliés en Amérique latine, la présidente argentine Cristina Fernandez a écrit sur son compte Twitter : "Ta victoire est notre victoire! Et la victoire de l'Amérique du Sud et des Antilles".

Sa réélection se traduira vraisemblablement par une augmentation des investissements de la part des pays alliés comme la Chine, la Russie, l'Iran ou la Biélorussie.

Les relations avec Washington devraient, elles, rester tendues mais cela n'a pas empêché l'or noir vénézuélien de couler à flot vers les Etats-Unis ces dernières années.

L'administration Obama a salué les Vénézuéliens pour le fort taux de participation à l'élection, mais s'est abstenue de féliciter Hugo Chavez.

"Nous avons nos divergences avec le président Chavez mais nous félicitons le peuple vénézuélien pour un processus qui a inclus un fort taux de participation", a déclaré à des journalistes le porte-parole de la Maison blanche Jay Carney.

Avec la rédaction de Caracas; Danielle Rouquié, Bertrand Boucey, Pascal Liétout et Hélène Duvigneau pour le service français

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