Recyclage : An I pour l'immense gisement de meubles usagés

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Mishchenko Mikhail/shutterstock.com
Mishchenko Mikhail/shutterstock.com

(AFP) - La montagne de déchets d'ameublement produits chaque année - plus de 2 millions de tonnes - généralement enfouis ou incinérés, vont pouvoir avoir une seconde vie grâce à la création de filières de recyclage, financées à partir du 1er mai par une éco-contribution.

Comme dans d'autres filières de tri, la collecte et le traitement de ces meubles usagés ont été confiés à un éco-organisme, créé par les industriels du secteur à qui la loi impose de gérer leurs déchets.

Cette nouvelle filière meubles était inscrite dans la loi Grenelle 2 de 2010.

Particularité: il a été décidé d'avoir deux éco-organismes, l'un pour la filière "particuliers" (Eco-Mobilier) et l'autre, Valdelia, pour les meubles des entreprises, collectivités (hôpitaux, écoles, etc.), magasins et cafés-hôtels-restaurants.

Certifiés depuis fin 2012, Eco-Mobilier et Valdelia oeuvrent depuis pour mobiliser tous les vendeurs de meubles, qui devront faire payer l'éco-contribution aux acheteurs avant de la reverser à l'éco-organisme ad hoc.

Les vendeurs ont tout intérêt à rejoindre au plus vite le système, le paiement de l'éco-contribution étant rétroactif au 1er mai, quelle que soit la date d'adhésion. "60% du marché (des meubles professionnels) est dans la boucle aujourd'hui, nous visons près de 80% à la fin de l'année", précise Arnaud Humbert-Droz, directeur général de Valdelia.

Les éco-contributions iront de dizaines de centimes pour une chaise basique à une poignée d'euros pour les objets les plus lourds et les matelas.

"La collecte, qui se fait directement chez le détenteur à partir de 2,4 tonnes et 20m3 ou dans des points d'apport volontaire que nous mettons en place, a débuté en mars", explique Arnaud Humbert-Droz. Le but est d'avoir en 2017 un point d'apport volontaire tous les 40 km, contre environ 400 km aujourd'hui.

À ce jour, 22 centres de tri ont été sélectionnés. Exemple: le site de Vert-le-Grand (Essonne) qui gère les déchets du sud de l'Ile-de-France. "Nous traitons environ 70.000 tonnes de déchets secs (Ndlr: cartons, ferraille, plastiques, etc.) pour une capacité de 200.000 tonnes, nous avons donc de la marge", explique Marc Rajade, son directeur général.

L'économie sociale (Emmaüs, etc.) "aura accès au gisement de meubles en bon état en vue d'une réutilisation", assure le patron de Valdelia.

Mais la grande partie sera recyclée: bois, plastique, métal seront au maximum transformés en +matières premières secondaires+, c'est-à-dire vendus à des industriels et réintroduits dans un cycle de production.

4.500 déchetteries concernées

Un objectif ambitieux a été fixé: atteindre d'ici fin 2017 un taux de recyclage de 75% des déchets d'ameublement des professionnels (600.000 tonnes). Le budget de Valdelia s'élève pour 2013 à 30 millions d'euros et devrait grimper à 100 millions en 2017. En 2013, une collecte de 87.000 tonnes est visée.

Pour les particuliers, la filière n'est pas encore opérationnelle, mais les milliers de vendeurs de meubles - grandes enseignes ou indépendants - adhèrent peu à peu à Eco-Mobilier. En magasin, l'éco-contribution devra clairement être indiquée avec le prix de l'objet à partir théoriquement du 1er mai.

"La montée en charge va être progressive", affirme Dominique Mignon, directrice générale d'Eco-Mobilier, qui table sur un budget "en rythme de croisière" de 300 millions d'euros.

Les discussions sont engagées avec les collectivités qui gèrent les 4.500 déchetteries. Il y aura désormais une benne "meubles" prenant tous les matériaux, y compris les matelas.

Pour le tri, "les choix des prestataires auront lieu en juillet et l'exploitation démarrera véritablement en septembre", prévoit Dominique Mignon.

L'objectif pour les particuliers est en 2017 un taux de recyclage/réutilisation de 45% sur un gisement de 1,7 million de tonnes (contre 25% aujourd'hui dont 3% dans l'économie sociale).

En plus des 45% recyclés, 35% devront servir à produire de l'énergie (essentiellement le bois).

Pour Nicolas Garnier d'Amorce (collectivités), le "défi", c'est la collecte: "il faudra aller vers un système de récupération en magasin ou lors d'une livraison".

ces/pjl/bg

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