Recul plus fort que prévu du bénéfice de Thomson Reuters

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BÉNÉFICE D'EXPLOITATION EN RECUL DE 50% POUR THOMSON REUTERS AU 4E TRIMESTRE
BÉNÉFICE D'EXPLOITATION EN RECUL DE 50% POUR THOMSON REUTERS AU 4E TRIMESTRE

par Jennifer Saba

NEW YORK (Reuters) - Thomson Reuters a annoncé mercredi une baisse plus forte que prévu de ses bénéfices au quatrième trimestre, subissant le contrecoup de réductions de dépenses chez ses clients financiers en Europe et dans les marchés émergents.

Dans le communiqué de résultats, le directeur général Jim Smith reconnaît que l'environnement extérieur a été plus difficile que prévu en fin d'année et il prévoit pour 2014 un chiffre d'affaires stable par rapport à 2013.

En faisant abstraction des désinvestissements et des effets de change, le chiffre d'affaires a progressé de 2% en 2013 à environ 12,5 milliards de dollars (9,2 milliards d'euros).

Sur le seul quatrième trimestre, le bénéfice d'exploitation a fondu de 50% par rapport au même trimestre de 2012, sous le coup de charges déjà annoncées liées à des réductions d'effectifs et à d'autres mesures de restructuration. Hors charges, la baisse est de 5% à 577 millions de dollars.

Le résultat net ressort en perte de 343 millions, en tenant compte d'une charge pour restructuration de 275 millions de dollars, à comparer à un bénéfice de 368 millions un an plus tôt.

Le bénéfice par action ajusté est ressorti à 49 cents sur ces trois mois, en deçà du consensus des analystes qui était à 52 cents. Le chiffre d'affaires a progressé de 1% à 3,27 milliards de dollars, conforme aux attentes.

"Nous sommes encore en période de forte volatilité partout. Au quatrième trimestre, il y a eu plus de faiblesse en Europe et en Asie que ce que nous imaginions", a déclaré Jim Smith dans une interview.

L'activité de Thomson Reuters pâtit depuis plusieurs années des réductions de coûts des institutions financières, sa principale base de clientèle. Les banques et autres clients financiers représentent environ la moitié du chiffre d'affaires du groupe, et un quart provient des professions juridiques.

Pour faire face à ces conditions difficiles, Thomson Reuters mise sur l'innovation et réduit ses coûts. Le groupe a supprimé quelque 3.000 postes au quatrième trimestre, sur un effectif mondial d'environ 60.000 personnes, et prévoit de nouvelles charges de 120 millions de dollars en 2014 pour poursuivre sa restructuration.

Les revenus de la division Financial & Risk, qui sert les clients financiers, ont diminué de 2% au quatrième trimestre, à 1,6 milliard de dollars, les annulations d'abonnements ayant été supérieures aux ventes.

La nouvelle plate forme Eikon destinée aux institutions financières comptait 123.000 utilisateurs à la date du 31 janvier, contre 96.000 au 30 septembre 2013.

Jim Smith n'a pas souhaité s'exprimer sur la tendance des ventes au premier trimestre mais s'est dit satisfait du début d'année et s'attend à ce que "l'amélioration progressive des ventes nettes se poursuive".

Par régions, les revenus de Financial & Risk ont diminué de 3% dans la région Emea (Europe, Moyen-Orient, Afrique) et dans les Amériques mais ils ont progressé de 2% en Asie.

Le chiffre d'affaires de la division juridique a progressé de 2% à 868 millions de dollars, grâce à des opérations de croissance externe. Hors acquisitions, il a diminué de 2%.

A Wall Street, l'action Thomson Reuters perd 5,74% à 34,50 dollars en début de séance en réaction aux résultats trimestriels inférieurs aux attentes.

Véronique Tison pour le service français, édité par Marc Joanny

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