Recul inattendu de l'inflation en zone euro, le chômage stable

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LE CHÔMAGE DANS LA ZONE EURO
LE CHÔMAGE DANS LA ZONE EURO

par Martin Santa

BRUXELLES (Reuters) - La hausse des prix de détail dans la zone euro a ralenti en janvier, contrairement aux attentes, en raison notamment d'un net recul des coûts de l'énergie, une évolution qui devrait compliquer les efforts de la Banque centrale européenne (BCE) pour soutenir la fragile reprise de l'économie des 18 pays membres.

L'inflation est retombée à 0,7% en variation annuelle, contre 0,8% en décembre, selon des données publiées vendredi par Eurostat, l'agence de statistiques de l'Union européenne.

La hausse des prix de détail retrouve ainsi le point bas touché en octobre, qui avait été un des facteurs ayant conduit la BCE à abaisser son taux directeur le mois suivant.

Les économistes interrogés par Reuters attendaient un taux d'inflation en légère hausse ce mois-ci, à 0,9%, un niveau qui restait de toute façon nettement inférieur à l'objectif d'un taux d'inflation proche mais juste en-deçà de 2% fixé par la BCE.

Le ralentissement s'explique pour l'essentiel par le poste énergétique, traditionnellement volatil, qui a vu ses prix baisser de 1,2% après avoir été stables en décembre. Les prix alimentaires (y compris tabac et alcool) ont augmenté de 1,7%.

Bien que le président de la BCE, Mario Draghi, ait déclaré en janvier que la zone euro n'était pas menacée de déflation, plusieurs pays souffrent déjà d'une situation de déflation et la Fonds monétaire international (FMI) à alerté sur ce risque.

En Allemagne, les prix de détail ont baissé de 0,7% en janvier en variation mensuelle, donnant une inflation annuelle de 1,2%, selon des chiffres publié jeudi.

RECUL DE L'EURO

L'euro a perdu du terrain contre le dollar et le yen après ces annonces, tandis que le rendement de l'emprunt obligataire allemand Bund à 10 ans a touché un creux de six mois. Ce ralentissement de l'inflation étant susceptible de relancer les spéculations de baisse des taux lors de la réunion de politique monétaire de la BCE la semaine prochaine.

L'euro a touché un plus bas de 10 jours face au dollar, à 1,3575, et de deux mois face au yen, à 138,53.

"Le fait que le taux d'inflation ait encore légèrement baissé devrait déclencher l'inquiétude à la BCE mais (...) après des indicateurs (...) qui ont dépassé les attentes ces dernières semaines, je ne pense pas que la BCE va paniquer", dit Peter Dixon, économiste chez Commerzbank.

"Si la BCE doit baisser les taux, et je pense qu'elle le fera, il est plus probable qu'elle attendra mars."

Peter Dixon a ajouté que la déflation était "un risque, qui est probablement beaucoup plus élevé que nous ne l'anticipions il y a quelques mois".

"Mais je ne pense pas que la zone euro tombera en déflation pure et dure. Je pense au contraire qu'une bonne partie de la faiblesse des prix peut être attribuée à des facteurs saisonniers et à l'absence d'inflation par les prix des matières premières."

Eurostat a par ailleurs annoncé un taux de chômage en zone euro inchangé en décembre, à 12,0% de la population active, alors que les économistes interrogés par Reuters avaient anticipé 12,1%, un niveau inchangé par rapport à la première estimation du mois de novembre.

Au total, 19 millions de personnes sont sans travail dans les 18 pays de la zone euro.

Juliette Rouillon pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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  • AND.KOTE le vendredi 31 jan 2014 à 13:33

    C est quoi la BCE? Ca existe ou c est virtuel?