Recul des troupes irakiennes dans Mossoul face à Daech

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 (Témoignages, paragraphes 9 à 12) 
    BAGDAD, 8 décembre (Reuters) - Des soldats de l'armée 
gouvernementale irakienne ont dû se retirer d'un hôpital de 
Mossoul qu'ils venaient d'occuper, cette semaine, face à une 
contre-offensive menée par les djihadistes de l'organisation 
Etat islamique (EI). 
    A la faveur d'un assaut lancé par l'armée mardi dans le 
sud-est de la ville, des troupes avaient pénétré dans l'hôpital 
Salam, que l'EI utilisait comme base militaire, à 1,5 km du 
Tigre, qui coupe le centre de la métropole du nord de l'Irak. 
    Ces troupes ont essuyé mercredi "un important tir ennemi", à 
la mitrailleuse et au lance-grenades, et ont été la cible de six 
voitures piégées, dit un communiqué de la coalition sous 
commandement américain qui aide les forces de Bagdad a 
reconquérir Mossoul.  
    L'offensive a été lancée le 17 octobre et quelque 100.000 
hommes y participent. 
    L'offensive-éclair de mardi dans le quartier de Wahda 
tranchait avec la tactique systématiquement employée depuis plus 
d'un mois dans la ville par l'armée irakienne, des combats lents 
et épuisants, rue par rue, immeuble par immeuble. 
    Cette nouvelle méthode a toutefois exposé les soldats 
gouvernementaux de la 9e division blindée. Selon l'agence de 
presse Amaq, organe de l'EI, certains d'entre eux ont été 
encerclés.  
     
    "L'ENFER" 
    "Quand on est entrés dans Wahda, Daech a d'abord opposé peu 
de résistance et on pensait qu'ils (les djihadistes) avaient 
fui", a raconté un officier joint jeudi au téléphone. "Mais une 
fois dans l'hôpital, ça a été l'enfer". 
    "Ils ont commencé à attaquer de partout à côté de l'hôpital, 
à tous les coins de rue, dans chaque maison".  
    D'après lui, les djihadistes ont sans doute utilisé un 
tunnel qui débouchait dans l'enceinte de l'hôpital. Puis il y a 
eu des attaques suicides. Des kamikazes surgissaient de nulle 
part et "étaient comme des fantômes". 
    Un habitant de Wahda a rapporté jeudi que des chars de 
l'armée avaient constitué une sorte de base dans le quartier 
après trois jours d'intenses combats. 
    Une infirmière de l'hôpital a raconté qu'à l'approche de 
l'armée mardi, les djihadistes avaient évacué les blessés, au 
nombre desquels figuraient des officiers de Daech. Le personnel 
et les blessés civils se sont alors réfugiés au sous-sol. 
    Un vétéran de la guerre Irak-Iran des années 1980, dont la 
maison se trouve à 200 mètres de là, dit n'avoir jamais vu des 
combats d'une telle intensité. 
    "C'était vraiment très violent (...) ils ont utilisé toutes 
sortes d'armes, mais ce n'était pas comme une guerre 
traditionnelle, il y avait des explosifs, des kamikazes, des 
tirs de mortier, des avions, tout quoi", a-t-il dit par 
téléphone.     
    L'officier, qui s'exprimait sous le sceau de l'anonymat, a 
fait état d'un bilan de 20 morts côté gouvernemental et d'une 
vingtaine de véhicules blindés détruits ou endommagés. 
    L'agence Amaq a rapporté mercredi qu'un kamikaze s'était 
fait exploser près de l'hôpital, tuant 20 soldats.  
    L'armée irakienne a dit peu de choses officiellement sur la 
situation dans le quartier de Wahda et à l'hôpital lui-même. 
     
    DES CIVILS BOMBARDÉS ?   
    Ailleurs en Irak, des dizaines de personnes, en majorité des 
civils, ont été tuées mercredi lors d'un bombardement aérien sur 
la ville de Qaïm, localité de la province d'Anbar tenue par 
l'EI, à 280 km au sud-ouest de Mossoul, a-t-on appris auprès de 
parlementaires et dans les milieux hospitaliers.  
    Au nombre des victimes, figurent 12 femmes et 19 enfants. 
    L'armée irakienne a fait état d'un bombardement de son 
aviation "sur un repaire de terroristes" dans ce secteur 
mercredi à la mi-journée. Une cinquantaine de "terroristes" ont 
été tués, ajoute-t-elle dans un communiqué sans évoquer de 
victimes parmi la population civile, en majorité sunnite. 
    Le président du Parlement, Salim al Djabouri, plus haut 
dirigeant sunnite du pays, a demandé jeudi l'ouverture d'une 
enquête officielle sur ces bombardements et exigé que les 
auteurs de ces "erreurs" soient punis. 
    Le commandement de l'armée irakienne a pour sa part estimé 
que les informations en provenance de Qaïm rapportées par la 
presse et certains hommes politiques relevaient de la 
"fabrication", rappelant que la ville est contrôlée par l'EI. 
    L'agence Amaq a publié des images vidéo qu'elle dit être de 
Qaïm. On y voit des véhicules en flammes dans une grande rue 
bordée de commerces, des corps calcinés ou en sang, dont ceux 
d'enfants. Plusieurs bâtiments sont fortement endommagés. 
 
 (Ahmed Rasheed et Saïf Hameed, Gilles Trequesser pour le 
service français) 
 
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