Recueillement et interrogations à Sydney après la prise d'otages

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par Lincoln Feast et Colin Packham SYDNEY, 16 décembre (Reuters) - L'atmosphère était au recueillement mardi matin à Sydney quelques heures après la fin de la prise d'otages dans un café du centre-ville qui s'est soldée par la mort de trois personnes, dont le preneur d'otages, un réfugié iranien présenté comme instable mentalement. Des centaines de bouquets de fleurs déposés par des Australiens avant de se rendre au travail formaient un sanctuaire de fortune près du café. Le Premier ministre Tony Abbott et son épouse ont également déposé des couronnes sur le site dont l'accès demeurait interdit par la police mardi matin. Un service religieux a été organisé à la cathédrale Sainte-Marie, tout à côté des lieux du drame. Dans tout le pays, les drapeaux ont été descendus à mi-mât mais l'heure restait à la vigilance. Le département australien des Affaires étrangères, à Camberra, a été évacué après la découverte d'un colis suspect. Les dirigeants du monde entier ont exprimé leur préoccupation, notamment le Premier ministre canadien Stephen Harper, qui a eu à connaître d'une attaque contre le Parlement en octobre par un sympathisant djihadiste présumé. L'auteur de la prise d'otages, Man Haron Monis, décrit par ceux qui le connaissaient comme étrange et solitaire, était connu de la police, a confirmé le Premier ministre Tony Abbott. Selon les images diffusées par les télévisions après l'assaut, aux premières heures de mardi, l'homme semblait armé d'un fusil à canon scié. La police a ouvert une enquête pour déterminer si les deux otages ont été tués par Man Haron Monis, ou sont morts lors de la fusillade, a indiqué Andrew Scipione, chef de la police pour l'Etat de Nouvelle-Galles du Sud dont Sydney est la capitale. "FRÈRE", CONNU DE LA JUSTICE L'assaut final a été donné vers 2h00 du matin (lundi 15h00 GMT) quand au moins six personnes retenues dans le café ont réussi à fuir alors que des coups de feu étaient entendus de l'intérieur. La police est alors intervenue. Des tirs nourris et des détonations de grenades assourdissantes ont été entendus dans le bâtiment. Andrew Scipione a expliqué que la police avait décidé d'intervenir à parce qu'elle avait le sentiment que si elle attendait davantage, plusieurs autres otages auraient pu être tués. Au total, 17 otages ont été comptabilisés par les forces de l'ordre dont cinq qui ont été libérés ou ont pu s'échapper lundi dans la journée. Au cours de cette journée, plusieurs vidéos ont été diffusées sur les réseaux sociaux, montrant des otages dans le café Lindt faisant des demandes pour le compte de Monis. L'homme, que les prisonniers évoquaient en l'appelant "frère", voulait parler au Premier ministre et se faire livrer un drapeau de l'Etat islamique. Il demandait aussi que les médias annoncent que l'Australie était attaquée par l'Etat islamique. Man Haron Monis était connu de la justice. Il avait été inculpé de complicité du meurtre de son ex-femme et de multiples agressions sexuelles et nourrissait un fort ressentiment contre le gouvernement australien qu'il accusait de lui avoir pris ses enfants. A un journaliste qui lui demandait s'il était normal que Man Haron Monis se soit vu accorder une mise en liberté sous caution, Mike Baird, le Premier ministre de Nouvelle-Galles du Sud, n'a pas voulu répondre à la question. Selon un responsable de la sécurité américain, l'Australie a fait savoir aux Etats-Unis qu'il n'y avait pas d'indication à ce stade d'un lien entre le preneur d'otages et des organisations islamistes connues. (Matt Siegel; Danielle Rouquié pour le service français)

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