Recours contre les permis de forer au large de la Guyane

le
0

PARIS (Reuters) - Des associations de protection de l'environnement ont annoncé jeudi le dépôt devant le tribunal administratif de Cayenne d'un recours pour excès de pouvoir contre les arrêtés autorisant Shell à forer des puits de recherche de pétrole au large de la Guyane.

Ces associations - France Nature Environnement, Guyane Nature Environnement et Surfrider Foundation Europe - soulignent dans un communiqué que ces forages, en cours depuis la fin de la semaine dernière, "impliquent l'utilisation et le rejet dans le milieu marin de produits toxiques".

"Les associations dénoncent cette légalisation de la pollution", ajoutent-elles.

Les forages de Shell ont été à l'origine d'un imbroglio politique à Paris à l'issue duquel Nicole Bricq a été écartée du ministère de l'Ecologie après avoir annoncé la "remise à plat" de l'autorisation donnée au groupe britannique, qui a cependant été confirmée.

Cette autorisation porte sur quatre forages, dont deux cette année et deux en 2013.

Delphine Batho, la nouvelle ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, a déclaré jeudi que le gouvernement souhaitait présenter avant la fin de l'année un projet de loi au conseil d'Etat afin de réformer le code minier, mis en cause dans les projets d'exploration de Shell mais aussi dans ceux de gaz de schiste, en métropole.

"Sur le fond, l'objectif de cette réforme est le respect du principe de précaution et des obligations d'information des citoyens", a-t-elle précisé, soulignant que le texte en vigueur n'était pas conforme à la charte de l'environnement.

"Les engagements juridiques avaient été pris par le précédent gouvernement, il n'était pas possible de s'en défaire (...)", a fait valoir Delphine Batho.

"Il est évident que l'exploitation du pétrole au large de la Guyane ne peut se faire que dans des conditions qui soient acceptables pour le respect de l'environnement. Il s'agira bien sûr aussi de s'assurer que les bénéfices dégagés sont effectivement réinvestis dans le développement de la Guyane."

Les forages au large de la Guyane ont lieu à 150 km environ des côtes et à 6.000 m de profondeur. Le coût total du projet, qui réunit Shell (45%), Total (25%) et Hardman Petroleum (27,5%), a été évalué entre quatre et huit milliards d'euros.

Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant