Recours au Conseil d'Etat contre la vente de l'aéroport de Lyon

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    LYON, 14 avril (Reuters) - L'Association contre l'extension 
et les nuisances de l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry (Acenas) a 
annoncé jeudi avoir déposé un recours devant le Conseil d'Etat 
contre la privatisation programmée des aéroports de Lyon. 
    "Une procédure d'urgence dite de référé suspension est 
engagée afin d'arrêter le processus de vente", précise 
l'association dans un communiqué.  
    Acenas s'inquiète des perspectives de développement de 
l'aéroport lyonnais engendré par la session des 60% du capital 
des aéroports détenus par l'Etat et des nuisances que celui-ci 
pourrait engendrer pour les riverains.  
    "La feuille de route pour le repreneur privé prévoit un 
doublement du trafic aérien à 20 millions de passagers et la 
création d'une méga zone fret pour le sud de l'Europe", relève 
l'Acenas, qui regrette qu'"aucune protection concrète ne soit 
prévue pour les riverains menacés par une explosion des 
nuisances aériennes, routières et ferroviaires." 
    Dans le recours déposé au Conseil d'Etat, Me Etienne Tête, 
qui défend les intérêts des riverains, fait valoir une série de 
motifs dont la violation des règles de mise en concurrence, la 
non conformité du transfert de délégation de service public, 
l'absence de transparence sur les critères de choix du candidat 
à la reprise, l'erreur d'appréciation sur la prise en compte des 
effets néfastes des vols de nuit sur la santé des riverains, ou 
encore la violation des engagements climatiques de la France de 
baisser de 50% les émissions de CO2 .  
    L'Etat a lancé formellement le 10 mars le processus de 
privatisation partielle des aéroports de Nice et Lyon. 
  
    Le gouvernement s'est déjà désengagé en 2014 de l'aéroport 
de Toulouse et la cession de ses participations de 60% dans ceux 
de Nice et Lyon pourrait lui rapporter jusqu'à 1,5 milliard 
d'euros. 
    La sélection des acquéreurs devrait intervenir dans le 
courant de l'été, avec comme objectif de finaliser les deux 
opérations dans le courant du second semestre. 
    De nombreux groupes et fonds d'investissement spécialisés 
dans les infrastructures ont d'ores et déjà manifesté leur 
intérêt pour ces deux aéroports régionaux français. 
    Des offres sont notamment attendues de groupes comme 
l'italien Atlantia  ATL.MI , l'opérateur de l'aéroport de Rome, 
l'australien Macquarie  MQG.AX  et de fonds comme Ardian, Global 
Infrastructure Partners ou Industry Funds Management. 
    Le groupe espagnol d'infrastructures Ferrovial  FER.MC  et 
son allié la société d'investissement Meridiam ont confirmé leur 
intérêt pour les deux aéroports. 
    Vinci  SGEF.PA , la Caisse des dépôts et Predica, filiale 
d'assurance du Crédit agricole  CAGR.PA  ont formé ensemble un 
consortium pour participer aux privatisations, tandis que le 
fonds Cube s'est allié à l'aéroport de Genève pour les enchères 
sur Lyon-Saint Exupéry. 
    Le groupe Aéroports de Paris (ADP)  ADP.PA  envisage quant à 
lui de participer à l'appel d'offres pour l'aéroport de Nice. 
 
 (Catherine Lagrange, édité par Yves Clarisse) 
 

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