Recorrélation entre actifs: les institutionnels misent sur la diversification

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(NEWSManagers.com) -

Dans son numéro de ce jeudi, L'Agefi Hebdo publie une étude réalisée par la société Image & Finance pour le compte d'Aberdeen AM traitant de la recorrélation entre classes d'actifs et ses conséquences sur les allocations des institutionnels. " Historiquement, il existe une corrélation négative entre les prix des actions et des obligations sans risque, rappelle l'enquête. " Mais récemment" , poursuit-elle, " dans un contexte de taux historiquement bas, la correlation est devenue nulle et même positive" . Cette situation a été particulièrement visible en juin 2013 liée à la phase de baisse des cours observée en mai et juin 2013 après l'annonce du " tapering " de la Fed.

Naturellement, les institutionnels français ont constaté ce phénomène. Ne serait-ce qu'au travers des performances de leur gestion au deuxième trimestre 2013. A partir d'un panel d'investisseurs représentatif, l'étude prend néanmoins le soin de distinguer deux grandes catégories : les institutionnels qui gèrent des réserves en valeur de marché et les investisseurs contraints réglementairement. Les premiers sont clairement concernés par le phénomène de recorrélation tandis que pour les seconds, il s'agit plutôt d'une préoccupation de second plan. Dans ce contexte, le document met en exergue leurs réflexions sur le sujet. Dont il ressort que pour la plupart, il s'agit d'un épiphénomène lié aux politiques de " quantitative easing" poursuivies par les autorités monétaires.

Il n'en reste pas moins que ces investisseurs ont cherché à s'en prémunir. Comment ? En instillant dans leur allocation d'actifs de la diversification, via des classes d'actifs perçues comme plus rémunératrices et désensibilisées à la volatilité des marchés cotés. La " prime de liquidité " recueille ainsi les faveurs des institutionnels français dont certains, après avoir expliqué la recorrélation actions-taux par l'injection massive de liquidité, prédisent une phase délicate lorsqu'il s'agira de drainer la liquidité en question.

Parmi les solutions abordées, l'immobilier via des véhicules collectifs (OPCI-SCPI) ou la dette privée, sous la forme de fonds de prêts ou de placements privés, les investissements en infrastructure, également réalisés en dette ou en fonds propres, sont fréquemment cités par les investisseurs. Le document précise également qu'en matière de dette privée, les assureurs ont indéniablement gagné en marge de manoeuvre depuis le décret entré en vigueur début août 2013 qui modifie le Code des assurances en France et favorise la diversification à travers l'investissement en prêts.

Le recours à des classes d'actifs diversifiantes n'est pas l'unique solution retenue par les institutionnels. Dès lors que les contraintes réglementaires sont respectées, beaucoup ont également privilégié des stratégies de diversification géographique. L'exposition à de nouvelles zones a été fréquemment utilisée, et si la théorie du découplage entre économies émergentes et développées ne fait plus d'adeptes, l'exposition aux marchés émergents séduit en offrant à la fois une diversification géographique et un large choix en termes d'actifs, via des placements en actions, en obligations et/ou en devises.

Des stratégies de gestion s'offrent également aux investisseurs mais, comme le relève l'étude, elles n'emportent pas d'adhésion massive. Elle passe principalement par des stratégies telles que les indices sur-mesure (smart beta) ou les gestions alternatives. " Le recours à de nouveaux benchmarks tels que les indices (indices de risk parity, minimum variance, indices fondamentaux, etc.) ne règle pas la problématique liée à la recorrélation des classes d'actifs" , indique l'enquête qui précise qu'en revanche, elle permet d'atténuer la pro-cyclicité des indices capi-pondérés.

Les avis sont aussi très partagés en matière de gestion alternative. Certains institutionnels y voient clairement un moyen de diversification supplémentaire " qui marchera à certains moments tandis que d'autres ? la majorité en fait - restent méfiants et retiennent avant tout de la classe d'actifs qu'elle n'a pas tenu ses promesses en matière de décorrélation " .

Reste la question des stratégies de couverture que peuvent utiliser les investisseurs, sachant qu'une recorrélation généralisée entre les prix des classes d'actifs constitue pour eux un risque extrême. Mais ici, les membres du panel sollicités ont considéré la solution comme " résolument trop coûteuses " . Un constat comme un aveu, conclut le document : les institutionnels restent aujourd'hui, plus que jamais, à la merci de la survenance de l'aléa politico-macroéconomique...

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