Record des vins et spiritueux français à l'export grâce à l'euro

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L'EURO ET LA CHINE DOPENT LES EXPORTATIONS DE VINS ET SPIRITUEUX FRANÇAIS
L'EURO ET LA CHINE DOPENT LES EXPORTATIONS DE VINS ET SPIRITUEUX FRANÇAIS

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Dopées par la baisse de l'euro et un rebond des ventes en Chine, les exportations de vins et spiritueux français sont reparties à la hausse en 2015 pour atteindre un niveau record après deux ans de repli, selon les chiffres publiés mercredi par la Fédération des exportateurs de vins & spiritueux de France (FEVS).

Le chiffre d'affaires du secteur réalisé à l'export a atteint 11,7 milliards d'euros, enregistrant une hausse de 8,7% après un recul de 2,8% en 2014 et de 0,4% en 2013, permettant à la filière de retrouver sa place de deuxième poste excédentaire de la balance commerciale française derrière l'aéronautique et devant la chimie et les parfums-cosmétiques.

A taux de change constants, la progression a cependant été limitée à 1,6% par rapport au précédent record atteint en 2012.

"Notre croissance est d'abord portée par des facteurs conjoncturels, notamment la baisse de l'euro", a déclaré à Reuters Christophe Navarre, président de la FEVS, qui s'est cependant dit prudent pour 2016.

"Dans un monde très perturbé, la prudence s'impose. Nous ne faisons pas de pronostics pour cette année", a-t-il ajouté, faisant allusion aux aléas de l'économie mondiale et des marchés boursiers ainsi qu'aux troubles géopolitiques du monde.

Les résultats 2015 s'expliquent principalement par les performances du champagne et du cognac, deux produits à forte valeur ajoutée qui ont compté pour 75% de la progression enregistrée sur l'année.

Ils résultent aussi des expéditions opérées vers les Etats-Unis et la Chine, qui ont représenté à eux seuls 84% de la hausse.

REBOND DU COGNAC EN CHINE

Le cognac, dont les exportations ont grimpé de 19,6% à 2,6 milliards d'euros, a profité d'une très solide dynamique aux Etats-Unis où l'engouement pour les alcools bruns ne se dément pas. Il a également été porté par un rebond en Chine (cinquième marché du secteur) après deux ans de forte baisse pour cause de mesures anti-corruption.

Les expéditions vers la Chine ont ainsi augmenté de 23% - retrouvant leur niveau de 2013 - sur des bases de comparaison très favorables après deux années de déstockage massif.

"Nous sommes à la fin d'une période difficile mais il ne faut pas pour autant s'attendre à un rebond extraordinaire", a précisé Christophe Navarre.

L'évolution du mix-produit, la poursuite des mesures anti-ostentation et les fragilités de l'économie incitent à la prudence sur le rythme de reprise à court terme du marché chinois, avertit la FEVS.

Les mesures anti-corruption de Pékin ont laminé le marché des eaux-de-vie les plus chères et les grands acteurs du cognac, LVMH (Hennessy), Pernod Ricard (Martell) et Rémy Cointreau (Rémy Martin) s'attachent maintenant à séduire la classe moyenne avec des variétés moins chères.

Le champagne (+12,1% à 2,69 milliards d'euros) a quant à lui brillé en Europe et aux Etats-Unis.

PERTES DE PARTS DE MARCHÉ

Ces performances contrastent avec celles du vin dit "tranquille", dont les volumes poursuivent leur baisse et dont la part de marché s'érode depuis 15 ans, passant de 25% en 2000 à 14% en 2015.

Sur la période, leurs exportations ont baissé d'un tiers en valeur et de 44% en volume.

Le manque de volumes disponibles, qui renchérit artificiellement les prix, pénalise la compétitivité des produits français à l'étranger", déplore la FEVS.

Les vins sans appellation d'origine contrôlée sont les plus touchés, victimes de la concurrence des bouteilles du "nouveau monde" (Chili, Argentine, Australie), mais aussi d'Europe du Sud (Italie et Espagne).

Face à cette érosion, il faut augmenter les surfaces plantées, produire plus de vins d'entrée de gamme et accélérer l'ouverture à de nouveaux marchés, là où les concurrents sont avantagés en matière de taxes, a plaidé Christophe Navarre.

Le Chili a obtenu une levée de taxes à l'importation en Chine, tandis que les vins français y sont taxés à 14% et les australiens à 8%.

(Edité par Dominique Rodriguez)

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