Record des vins et spiritueux français à l'export grâce à l'euro

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    * Les ventes atteignent un record à 11,71 milliards d'euros 
    * Rebond des exportations à destination de la Chine 
    * Perte de part de marché pour les vins "tranquilles" 
    * La FEVS reste prudente pour 2016 
 
    par Pascale Denis 
    PARIS, 10 février (Reuters) - Dopées par la baisse de l'euro 
et un rebond des ventes en Chine, les exportations de vins et 
spiritueux français sont reparties à la hausse en 2015 pour 
atteindre un niveau record après deux ans de repli, selon les 
chiffres publiés mercredi par la Fédération des exportateurs de 
vins & spiritueux de France (FEVS). 
    Le chiffre d'affaires du secteur réalisé à l'export a 
atteint 11,7 milliards d'euros, enregistrant une hausse de 8,7% 
après un recul de 2,8% en 2014 et de 0,4% en 2013, permettant à 
la filière de retrouver sa place de deuxième poste excédentaire 
de la balance commerciale française derrière l'aéronautique et 
devant la chimie et les parfums-cosmétiques. 
    A taux de change constants, la progression a cependant été 
limitée à 1,6% par rapport au précédent record atteint en 2012. 
    "Notre croissance est d'abord portée par des facteurs 
conjoncturels, notamment la baisse de l'euro", a déclaré à 
Reuters Christophe Navarre, président de la FEVS, qui s'est 
cependant dit prudent pour 2016. 
    "Dans un monde très perturbé, la prudence s'impose. Nous ne 
faisons pas de pronostics pour cette année", a-t-il ajouté, 
faisant allusion aux aléas de l'économie mondiale et des marchés 
boursiers ainsi qu'aux troubles géopolitiques du monde. 
    Les résultats 2015 s'expliquent principalement par les 
performances du champagne et du cognac, deux produits à forte 
valeur ajoutée qui ont compté pour 75% de la progression 
enregistrée sur l'année. 
    Ils résultent aussi des expéditions opérées vers les 
Etats-Unis et la Chine, qui ont représenté à eux seuls 84% de la 
hausse. 
     
    REBOND DU COGNAC EN CHINE  
    Le cognac, dont les exportations ont grimpé de 19,6% à 2,6 
milliards d'euros, a profité d'une très solide dynamique aux 
Etats-Unis où l'engouement pour les alcools bruns ne se dément 
pas. Il a également été porté par un rebond en Chine (cinquième 
marché du secteur) après deux ans de forte baisse pour cause de 
mesures anti-corruption. 
    Les expéditions vers la Chine ont ainsi augmenté de 23% -  
retrouvant leur niveau de 2013 - sur des bases de comparaison 
très favorables après deux années de déstockage massif. 
    "Nous sommes à la fin d'une période difficile mais il ne 
faut pas pour autant s'attendre à un rebond extraordinaire", a 
précisé Christophe Navarre. 
    L'évolution du mix-produit, la poursuite des mesures 
anti-ostentation et les fragilités de l'économie incitent à la 
prudence sur le rythme de reprise à court terme du marché 
chinois, avertit la FEVS. 
    Les mesures anti-corruption de Pékin ont laminé le marché 
des eaux-de-vie les plus chères et les grands acteurs du cognac, 
LVMH  LVMH.PA  (Hennessy), Pernod Ricard  PERP.PA  (Martell) et 
Rémy Cointreau  RCOP.PA  (Rémy Martin) s'attachent maintenant à 
séduire la classe moyenne avec des variétés moins chères. 
    Le champagne (+12,1% à 2,69 milliards d'euros) a quant à lui 
brillé en Europe et aux Etat-Unis.   
     
    PERTES DE PARTS DE MARCHÉ 
    Ces performances contrastent avec celles du vin dit 
"tranquille", dont les volumes poursuivent leur baisse et dont 
la part de marché s'érode depuis 15 ans, passant de 25% en 2000 
à 14% en 2015.  
    Sur la période, leurs exportations ont baissé d'un tiers en 
valeur et de 44% en volume. 
    Le manque de volumes disponibles, qui renchérit 
artificiellement les prix, pénalise la compétitivité des 
produits français à l'étranger", déplore la FEVS. 
    Les vins sans appellation d'origine contrôlée sont les plus 
touchés, victimes de la concurrence des bouteilles du "nouveau 
monde" (Chili, Argentine, Australie), mais aussi d'Europe du Sud 
(Italie et Espagne). 
    Face à cette érosion, il faut augmenter les surfaces 
plantées, produire plus de vins d'entrée de gamme et accélérer 
l'ouverture à de nouveaux marchés, là où les concurrents sont 
avantagés en matière de taxes, a plaidé Christophe Navarre. 
    Le Chili a obtenu une levée de taxes à l'importation en 
Chine, tandis que les vins français y sont taxés à 14% et les 
australiens à 8%.     
     
    Le dossier de la FEVS:     
    http://bit.ly/1o2mP70 
 
 (Edité par Dominique Rodriguez) 
 

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