Recommandations pour un nouveau modèle de financement de l'analyse financière

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(NEWSManagers.com) - Le groupe thématique de réflexion sur les nouveaux enjeux de l'analyse financière et de l'analyse crédit pour le financement des entreprises, Analytica, créé l'été dernier à l'initiative de Jean-Hervé Lorenzi, président du pôle Finance Innovation, a publié le 26 mai ses propositions pour un nouveau modèle d'analyse financière. A l'heure où le financement des entreprises, notamment les PME et ETI, principales sources d'emploi en Europe, connaît d'importantes mutations liées à la désintermédiation due aux évolutions réglementaires et technologiques majeures entrainant un appel accru aux marchés financiers. Les entreprises ont dorénavant de nouveaux modes d'accès (plateformes de mise en relation...) à des financements élargis et complémentaires au financement bancaire classique : EuroPP, placements privés, financements participatifs... Ces évolutions ne peuvent s'opérer sans un recours accru à une analyse financière ayant vocation tant à valoriser les entreprises et leur potentiel (pour leur fonds propres) qu'à mesurer leur solvabilité (pour leur endettement), ainsi que leurs autres dimensions extra financières (environnement, social, gouvernance...), explique dans un communiqué Finance Innovation.

En conséquence, se pose la question, longtemps éludée, du coût et du mode de financement de cette analyse qui, sauf facturation externe, est à ce jour comprise dans le coût total des opérations effectuées. Ces évolutions impliquent notamment, au-delà du CAC 40, pour les PME de croissance et des ETI, des méthodes d'analyse reconnues par les régulateurs prudentiels, mais aussi proportionnée à la taille des entreprises et des financements à leur fournir. Pour celles-ci, terreau de la croissance et des emplois de demain, le modèle d'analyse financière classique est inadapté (trop cher, trop long, trop complexe). Il s'agit donc de réinventer des nouveaux outils, pour certains mutualisés en tout ou partie, (notamment dans le domaine des bases de données) et de nouvelles formes de communication et de dialogue entre le monde de la finance et celui des entreprises, qu'elle qu'en soit la taille.

Les auditions de nombreuses parties prenantes (Analystes, Entreprises, Investisseurs, Régulateurs, Gérants d'actifs, Associations professionnelles, Comptables, Avocats, Fournisseurs de données, Organismes de marché, Fin Tech, Notateurs) ont été effectuées de façon approfondie auprès d'une centaine d'interlocuteurs. Le Groupe de Réflexion Thématique Analytika propose ainsi 15 recommandations. Les plus importantes concernent l'information des entreprises, la maîtrise de cette information par les entreprises, et la circulation de cette information ; le but étant d'une part de simplifier le mode opératoire des entreprises, d'autre part de permettre, via cette information, l'émergence d'une analyse financière moins coûteuse.

" Nous sommes conscients que la mise en place de ces outils est un travail de fond structurel de long terme, compte tenu de son mode " incitatif " et non " obligatoire " . Cependant, nous sommes aussi persuadés que cette mise en place doit démarrer dès aujourd'hui" , souligne Finance Innovation.

Les recommandations du groupe Analytica, piloté par Alain Leclair, président d''Honneur de l' AFG

Simplifier la vie des entreprises

1. Simplifier les tâches administratives des entreprises en rassemblant toutes les déclarations des entreprises dans une seule base de données, avec un accès à ces informations différent selon l'utilisateur (fisc, URSSAF, financement, public, etc...), type base Single Business Reporting aux Pays-Bas, avec des données structurées (XBRL ?)

2. En parallèle, créer un droit de regard des entreprises sur toutes les données les concernant, et, éventuellement, leur diffusion

B. Outils d'information

3. Mettre en place un outil formaté et simplifié de représentation des entreprises qui souhaitent se financer : Fin'Profil (Informations Clé des Entreprises)

4. Mettre en place une Place d'Information Fin'd'in, interface entre les entreprises et leurs financeurs (ainsi que les autres acteurs de l'écosystème : clients, fournisseurs)

5. Mettre en place une " Analyse Socle " , quantitative, proposée d'emblée aux entreprises, à très bon marché.

6. Mettre en place un " carnet de commande d'analyse financière " Fin'Book, afin de permettre la rencontre entre l'offre (analystes) et la demande d'analyses (entreprises cotées ou non souhaitant être analysées, investisseur détenteur d'actions ou de créances d'une entreprise non suivie)

7. Inciter les nouveaux acteurs du financement alternatif à adhérer à la base Fiben, et autoriser les sociétés de gestion adhérentes à communiquer les éléments de la base Fiben aux bureaux d'analyse indépendants qu'elles ont sollicité pour ces prêts, en respectant les engagements de confidentialité 14. Ces bureaux d'analyse indépendants pourraient " contribuer " sur certains aspects (éléments ESG ou données sectorielles par exemple).

C. Favoriser le marché

8. Mettre en place une Obligation PME, privée, simplifiée, pré-négociée, dont le coût serait bien moindre, permettant de financer des émissions de petite taille (moins de 10M€)

9. Assouplir le cadre règlementaire du financement participatif (en levant le plafond de 1million d'euros à 5millions d'euros)

D. Encourager l'écosystème

10. Campagne de communication et d'explication vis-à-vis des PME –ETI (" aidez nous à vous aider" ).

11. Encourager le scoring via l'analyse du big data (appel à projets ?), en capitalisant sur l'expertise mathématique française.

12. Encourager les initiatives privées de " partage " de l'analyse financière (plateformes internet), ou de mise en relation entre financeurs et financés.

13. Réconcilier la fiscalité et les besoins de financement des entreprises (ne pas favoriser la détention d'actifs courts et peu risqués en pénalisant celle d'actifs longs, type actions)

14. Alléger Solvabilité 2 et le réaligner avec les besoins de l'économie (ne pas pénaliser les actions)

15. Faire reconnaître l'analyse financière comme de la " recherche " , i.e. faire bénéficier les bureaux d'analyse plus facilement du Crédit Impôt Recherche, dès lors que les méthodes utilisées sont significativement innovantes.

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