Rechute de la consommation dans les grandes surfaces

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INFO LE FIGARO - Pour la première fois depuis 2008, les Français ont réduit de 0,5 % en volume leurs achats de produits de grande consommation l'an passé.

Coup de tonnerre dans les rayons des grandes surfaces. Pour la première fois depuis 2008 et le début de la crise, les achats de produits de consommation courante (alimentaire, entretien, hygiène...) ont reculé l'an passé en France, selon IRI. L'institut, qui analyse l'intégralité des tickets de caisse, chiffre la chute des volumes à 0,5 % tous circuits confondus (hyper, supermarchés, hard discount et drive). Les volumes étaient restés stables en 2012, après avoir progressé de 1 % en 2011.

«Les Français ont continué à procéder à des arbitrages et réduit leurs achats en volume par foyer, constate Jacques Dupré, directeur Insight chez IRI. Ils ont sans doute également voulu limiter le gaspillage, comme c'est souvent le cas en temps de crise.»

Le phénomène aurait sans doute été important si les prix n'avaient pas été stables, selon l'expert: «La résistance des ventes est liée en grande partie à la guerre des prix très soutenue entre les distributeurs qui a maintenu l'inflation à un niveau très bas (+ 0,2 %).» À partir de l'automne, un phénomène nouveau a même fait son apparition: la déflation. Elle touche particulièrement les marques nationales (-0,5 %), premières concernées par la bataille entre enseignes, et notamment leurs produits stars. La déflation atteint des sommets dans les eaux plates (-2,4 %) et gazeuses (-3,8 %), les yaourts (-2,3 %), les dosettes de café (-2,4 %) ou encore les lessives (-2,1 %).

«On est arrivés au bout, dénonce Richard Panquiault, directeur général de l'Ilec, qui défend les intérêts des 70 principales entreprises du secteur. La guerre des prix ne génère pas de croissance, elle ne fait qu'entamer les marges et alimenter une nouvelle répartition des parts de marché entre enseignes. Le pouvoir d'achat ne doit pas devenir un alibi. Nous risquons de ne plus avoir les ressources pour embaucher, innover et investir dans notre outil industriel.»

Regain d'attractivité des grandes marques

La guerre des prix n'a donc pas relancé les volumes. Mais le chiffre d'affaires des produits de consommation courante en grandes surfaces a, lui, progressé de 1,4 % en 2013. Une surprise et un paradoxe en temps de crise, même si le rythme s'est tassé par rapport au +2,7 % de 2012, où l'inflation a été forte.

Avec la baisse des prix, les comportements ont changé. Les Français en ont profité pour faire monter en gamme leurs achats. «Les consommateurs ont préféré acheter plus cher et de meilleure qualité, quitte à consommer moins», résume Jacques Dupré. Les habitués du hard discount se sont ainsi massivement reportés vers les hypers et supermarchés. Ceux qui privilégiaient les marques de distributeurs (MDD) ont davantage opté pour les marques nationales. «Si les marques ont renforcé leur attractivité, les MDD sont redescendues sous la barre des 30 % de part de marché (- 0,4 point), à leur niveau de 2009», constate Jacques Dupré.

De nombreux consommateurs n'ont pas hésité à arbitrer en faveur de produits premium, notamment aux rayons biscuits, charcuterie ou encore eaux plates. Dans le secteur très concurrentiel des lessives, ils se sont ainsi laissé tenter par des nouveautés plus onéreuses telles que les concentrés et unidoses. Le rayon bio aussi a repris de la vigueur (+6,8 % en volumes, contre + 3,1 % en 2012). Cette valorisation des achats a concerné 71 % des catégories de produits vendus en grandes surfaces.

Pendant les fêtes de fin d'année, la montée en gamme n'a pas suffi à redonner le sourire aux industriels et aux enseignes (+ 1,6 % en valeur, -1,4 % en volumes), avec des achats très tardifs et finalement assez raisonnés. «C'est un mauvais signal pour 2014», prévoit Jacques Dupré, qui anticipe une consommation en volumes «au mieux stable».


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  • supersum le mardi 21 jan 2014 à 10:31

    Etouffons ce gouvernement de fonctionnaires et d'allocataires dépensant sans compter

  • mlcbnb le mardi 21 jan 2014 à 09:36

    dire que l'économie va mieux, bof...