Réchauffement climatique : Barack Obama sous pression

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La multiplication des catastrophes naturelles sur le territoire américain a fini par faire réagir Barack Obama. A tout le moins dans le discours officiel...
La multiplication des catastrophes naturelles sur le territoire américain a fini par faire réagir Barack Obama. A tout le moins dans le discours officiel...
Plusieurs dizaines de milliers d'Américains ont manifesté ce week-end pour que le président agisse au plus vite.

La lutte contre le réchauffement climatique est devenue une affaire sérieuse aux yeux du chef de l'exécutif américain, plutôt timoré en la matière durant son premier mandat, mais dont le discours a radicalement changé depuis le dramatique passage de l'ouragan Sandy. Comme s'il avait soudain réalisé que les catastrophes naturelles se sont multipliées ces dernières années sur le territoire américain, faisant de nombreuses victimes et provoquant des dégâts matériels considérables, le président réélu, persuadé que ce phénomène s'explique par la hausse du thermomètre mondial, n'a de cesse d'appeler au réveil de la classe politique et à prendre des dispositions adaptées à la gravité de la situation.

Lors du traditionnel discours sur l'état de l'Union, il a même indiqué être disposé à s'affranchir du Congrès si d'aventure ce dernier n'était pas en mesure d'adopter un mécanisme contraignant de diminution des émissions de gaz à effet de serre. Quelques jours plus tard, les sénateurs démocrate et indépendant Barbara Boxer (Californie) et Bernie Sanders (Vermont) ont déposé un projet de loi visant à instituer une taxe carbone qui débuterait à vingt dollars (environ quinze euros) la tonne de CO2 (dioxyde de carbone), augmenterait de 5,6 % par an pour atteindre trente-quatre dollars et quarante-huit cents (vingt-cinq euros et soixante-dix cents) d'ici dix ans et permettrait de lever quelque mille deux cent milliards de dollars (un peu moins de neuf cent milliards d'euros) (!)

L'opinion, elle, paraît de plus en plus sensible à l'augmentation des températures. Assisterait-on à un basculement historique, dans un pays dépourvu de tradition écologiste, qui n'a jamais ratifié le Protocole de Kyoto et où les climatosceptiques se chiffrent en dizaines de millions ?


Ne pas être « la marionnette des grandes industries pétrolières »

Toujours est-il qu'environ trente mille manifestants venus de vingt-huit États se sont rassemblés dimanche à Washington pour presser Barack Obama de tenir ses engagements et de présenter de nouvelles mesures afin de tenter de contenir le changement climatique. Une mobilisation exceptionnelle aux dires de l'écologiste Bill McKibben, célèbre opposant au projet de pipeline transnational Keystone XL (sur lequel le locataire de la Maison Blanche doit prochainement statuer) et qui s'était également distingué sur le dossier de l'installation de panneaux solaires sur le toit du palais présidentiel.

« Président Obama, tout le bien que vous avez fait sera balayé par des inondations, par des incendies et par d'énormes tempêtes si vous ne réussissez pas à agir maintenant », a de son côté déclaré Van Jones, ancien conseiller de M. Obama sur les emplois verts, cité par nos confrères de 24 heures. « C'est très important, parce que le monde entier nous regarde [?] Il s'agit de dire au président que son discours n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd », a renchéri l'actrice canadienne Evangeline Lilly, également citée par le quotidien suisse et pour qui Washington ne doit pas être « la marionnette des grandes industries pétrolières ».

Une allusion claire au projet de pipeline précité et sans doute aussi à l'intention du chef de l'exécutif américain d'accélérer l'octroi de permis d'exploitation gaziers et pétroliers en vue d'accéder plus rapidement à l'indépendance énergétique. Rappelons enfin que, dans le même temps, M. Obama a fixé « un nouvel objectif à l'Amérique : réduire de moitié l'énergie dépensée dans nos maisons et nos entreprises d'ici les vingt prochaines années ».

Un sacré défi qui suppose une volonté politique indéfectible et dont les manifestants souhaitent qu'elle soit perceptible dès maintenant.
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