Réception de chef d'Etat à Paris pour Aung San Suu Kyi

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Réception de chef d'Etat à Paris pour Aung San Suu Kyi
Réception de chef d'Etat à Paris pour Aung San Suu Kyi

PARIS (Reuters) - La triomphale tournée européenne de l'opposante Aung San Suu Kyi passe cette semaine par Paris, où une réception digne d'un chef d'Etat sera réservée à la lauréate du prix Nobel de la paix, qui restera quatre jours en France.

A 67 ans -dont 15 passés en résidence surveillée- la chef de file de l'opposition birmane est devenue un symbole mondial de résistance pacifique.

Entrée au Parlement ce printemps, elle n'exclut pas de diriger un jour son pays dirigé par une junte militaire depuis les années 1960, où de nouvelles élections sont prévues en 2015.

"Elle a symbolisé pour énormément de gens le combat contre une dictature", commente-t-on de source diplomatique à Paris à propos d'une femme qui n'est "pas simplement un symbole, mais une personnalité politique qui a fait des choix courageux".

La "dame de Rangoun" aura ce mardi un entretien suivi d'une conférence de presse avec le président François Hollande, avant un dîner d'Etat à l'Elysée.

Aung San Suu Kyi recevra mercredi le diplôme de citoyenne d'honneur de la ville de Paris, avant un entretien avec le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius au Quai d'Orsay, où sera planté un "arbre de la liberté".

L'agenda de la parlementaire birmane prévoit aussi une rencontre avec les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat et un débat avec des étudiants de la Sorbonne.

PAS DE RUÉE VERS L'OR

La junte militaire, qui gouvernait la Birmanie depuis 1962, a laissé la place en mars 2011 à un gouvernement civil, néanmoins dirigé par un ancien membre du régime militaire, le général Thein Sein, et dominé par l'armée.

Recevoir Aung San Suu Kyi avec les honneurs est une façon pour Paris d'envoyer "un message de confiance dans l'avenir" à un pays "qui a choisi de rompre avec la junte militaire", souligne-t-on à Paris.

"Il y a un effort pour s'en sortir et se normaliser et c'est quelque chose que nous souhaitons accompagner en soutenant ces démarches", dit un diplomate français, qui prédit aux Birmans un chemin "long et tortueux" vers la démocratie.

Total est la seule grande entreprise française implantée en Birmanie, pays de plus de 50 millions d'habitants dont l'ouverture politique pourrait susciter l'intérêt d'autres groupes.

"Il ne faut pas s'attendre à une ruée vers l'or en Birmanie. Ce dont le pays a besoin aujourd'hui, c'est d'un investissement responsable", tempère-t-on à Paris.

Le 13 juin, Aung San Suu Kyi a quitté son pays pour la première fois depuis près d'un quart de siècle pour une tournée en Asie et en Europe.

Elle a reçu à Oslo le prix Nobel de la paix qui lui avait été décerné en 1991, alors qu'elle était en résidence surveillée.

A Londres jeudi dernier, elle est devenue la deuxième femme, après la reine Elizabeth II, à s'adresser aux deux chambres du parlement britannique qu'elle a invitées à contribuer à la démocratisation de la Birmanie.

Aung San Suu Kyi a été ovationnée à son arrivée à Westminster Hall, où elle a été présentée comme "la conscience d'un pays et une héroïne de l'humanité".

Elizabeth Pineau, avec John Irish, édité par Jean-Baptiste Vey

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  • M3101717 le mardi 26 juin 2012 à 08:56

    Quel Changement ! Sarkozy, lui, recevait Al Assad ou Kadhafi et on pouvait faire du business ! Là, on n'est pas près de vendre quoi que ce soit !!!