Rebond du marché auto en Europe mais craintes sur les émergents

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LES CONSTRUCTEURS AUTOMOBILES INQUIETS FACE À LA VOLATILITÉ ACCRUE DES MARCHÉS ÉMERGENTS
LES CONSTRUCTEURS AUTOMOBILES INQUIETS FACE À LA VOLATILITÉ ACCRUE DES MARCHÉS ÉMERGENTS

par Gilles Guillaume et Laurence Frost

GENEVE (Reuters) - Les constructeurs automobiles réunis mardi à Genève ont exprimé leur inquiétude face à la volatilité accrue des marchés émergents, nouvelle menace pour l'activité du secteur alors que l'Europe donne des signes de reprise.

La vigueur de la demande en Chine ne devrait pas permettre de compenser les difficultés apparues sur certains marchés comme l'Argentine, le Brésil, la Turquie, l'Algérie et la Russie, auxquelles s'ajoutent les risques liés aux tensions politiques en Ukraine.

Renault, lors des journées presse du salon automobile de Genève, a ainsi légèrement abaissé sa prévision de croissance du marché mondial cette année pour tenir compte des perspectives incertaines dans les pays émergents : il l'estime désormais à un peu moins de 2%, contre 2% précédemment.

"Certains pays ont vu leur monnaie dévaluée de 20%, 30% ou 35%. Cela a toujours des conséquences (...) de très fortes conséquences si on ne produit pas localement", a dit de son côté à Reuters Christian Klingler, directeur des ventes de Volkswagen pour l'Europe.

"Nous sommes un partenaire commercial important de la Russie et nous suivons avec inquiétude la situation en Ukraine et en Russie", a ajouté le président du directoire de VW, Martin Winterkorn.

Chez PSA Peugeot Citroën, le futur président du directoire, Carlos Tavares, a de même évoqué "beaucoup d'incertitudes sur les marchés mondiaux", disant notamment s'attendre à des marchés russe et latino-américain difficiles.

Mais il a ajouté que la Chine devrait encore afficher une croissance significative et que le rebond semblait se confirmer en Europe, où PSA a regagné des parts de marché en janvier et février.

Après six années de vaches maigres, le marché automobile européen donne enfin des signes de reprise, même les pays les plus touchés par la crise des dettes souveraines étant sortis de la récession. Mais si les chiffres des ventes mensuelles publiés lundi ont montré des progressions en Allemagne, en Italie et en Espagne, ils ont reflété une rechute en France.

"Pour l'instant, la France est stable, voire en légère baisse (...) J'espère que ça passera du côté positif dans le courant de l'année", a commenté Carlos Tavares.

UNE PEUGEOT VOITURE DE L'ANNÉE

Pour son premier salon de Genève chez PSA - un an plus tôt, il y représentait Renault - Carlos Tavares a répété que sa priorité des trois prochaines années serait de rétablir la rentabilité du groupe en optimisant son catalogue, ses approvisionnements, l'organisation de ses usines et sa distribution.

Lundi, dans un entretien à 7pm Auto en collaboration avec Reuters, il n'avait pas exclu, si les résultats ne sont pas au rendez-vous en 2016, de nouvelles économies et réductions de capacités au terme du plan d'économies et de compétitivité actuel.

A Genève, Carlos Tavares s'est déclaré "assez confiant" dans la possibilité d'atteindre les objectifs fixés.

Le salon a débuté sur une note optimiste pour PSA, la Peugeot 308 ayant été élue "voiture de l'année" 2014. Une automobile française n'avait pas reçu cette distinction depuis neuf ans.

Les débuts du 84e salon de Genève ont également été marqués par une multitude de révélations sur le segment des petites citadines - Peugeot 108, Citroën C1, Toyota Aygo et Renault Twingo, grâce auxquelles les constructeurs espèrent profiter des frémissements du marché automobile européen.

Parmi les innovations présentées au salon, la nouvelle Twingo offre un rayon de braquage digne d'un taxi londonien grâce à un moteur installé à l'arrière, comme sur la Smart de Daimler avec qui la voiture a été développée.

Dans le segment des automobiles de luxe, le directeur général de Jaguar Land Rover, filiale de l'indien Tata Motors, s'est lui aussi dit confiant dans les perspectives du marché européen cette année.

"Nous avons observé une stabilisation en Europe occidentale dans le courant de l'année dernière et les premiers signes permettant de dire que le marché se renforce maintenant", a déclaré son directeur général Ralf Speth.

"De plus, les Etats-Unis accélèrent et la Chine reste très solide", a-t-il ajouté, tout en concédant à son tour que les incertitudes liées à la crise en Ukraine rendait les prévisions délicates.

(Edité par Dominique Rodriguez)

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