Réactions mitigées en Israël au discours de Netanyahu à Washington

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par Jeffrey Heller JERUSALEM, 3 mars (Reuters) - Les réactions ont été mitigées en Israël après le discours du Premier ministre Benjamin Netanyahu sur le nucléaire iranien à Washington, ses partisans estimant qu'il avait bien fait de mettre en garde contre un accord nucléaire avec l'Iran, tandis que ses détracteurs se demandaient si cela valait la peine de risquer une nouvelle dégradation des relations avec la Maison blanche. Le Premier ministre avait été invité à s'exprimer devant le Congrès des Etats-Unis à l'invitation de John Boehner, le président républicain de la Chambre de représentants, sans consultation avec la Maison blanche. Barack Obama a refusé de recevoir Benjamin Netanyahu, invoquant la proximité des élections législatives à la Knesset prévues le 17 mars prochain. Devant les élus du Congrès, Benjamin Netanyahu a estimé que Iran représentait une menace pour le monde entier et mis en garde Washington contre un "mauvais accord". ID:nL5N0W547G Le discours a été diffusé en direct à la radio et à la télévision israélienne. Les commentateurs politiques israéliens ont parlé d'un discours bien maîtrisé tout en se disant d'accord avec Barack Obama qui a dit n'y avoir vu rien de nouveau. Il n'y a pas eu de sondage minute publié immédiatement après le discours. Mais les applaudissements qui l'ont émaillé seront sans doute utilisés dans les spots publicitaires de la campagne électorale en Israël. VÉRITABLE MOTIVATION Pour les détracteurs de "Bibi", comme les Israéliens surnomment le Premier ministre, c'est la recherche de ce genre de moment prestigieux qui a été sa véritable motivation pour aller à Washington. Les responsables de son parti, le Likoud (droite), démentent. Un sondage publié quelques heures avant sa prestation donnait l'opposition légèrement en tête. Le Likoud était crédité de 21 sièges - la Knesset en compte 120 - et l'Union sioniste, la coalition de centre gauche créée spécialement pour ces législatives, 24. L'Union sioniste regroupe principalement le Parti travailliste et la liste Hatnuah de Tzipi Livni, l'ex-ministre des Affaires étrangères. "Ce discours nous a beaucoup aidé", commente Yoni Yanai, un habitant de Tel Aviv, attablé dans un café. Le Premier ministre a bien expliqué, dit-il, qu'un accord entre l'Iran et les grandes puissances n'empêchera pas Téhéran de développer l'arme nucléaire. Et il a expliqué aux élus américains qu'il fallait "une solution différente, un accord différent" Un autre client, Karni Mazali, s'est montré en désaccord, exprimant son inquiétude pour les relations entre Israël et les Etats-Unis. "Je pense que le discours de Bibi ne peut pas aider les relations entre Obama et Israël, il ne peut que faire des dégâts", a-t-il dit. Sentiment partagé par le chef de file de l'Union sioniste Isaac Herzog, principal adversaire de Netanyahu. "Soyons honnête, le discours que nous avons entendu était impressionnant, mais aussi impressionnant qu'il ait été, il n'arrêtera pas le programme nucléaire iranien et n'influencera pas non plus l'accord en gestation, ni dans son contenu ni dans son calendrier", a dit Isaac Herzog, lors d'une visite à une communauté agricole à la frontière avec la bande de Gaza. "La triste vérité, c'est qu'après les applaudissements, Netanyahu reste seul, Israël est isolé et les négociations avec l'Iran continueront sans implication israélienne", a-t-il ajouté. (Danielle Rouquié pour le service français)
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