REACTIONS-Les USA expriment leur soutien à Ankara, le monde s'inquiète

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 (Ajoute Allemagne §7, Tusk §9-10, Chine §12, Japon §14, 
Bulgarie §15) 
    par Alistair Bell 
    WASHINGTON, 16 juillet (Reuters) - Les Etats-Unis ont invité 
les Turcs samedi à soutenir leur président Tayyip Erdogan et son 
gouvernement après une tentative de coup d'Etat qui suscite 
l'inquiétude dans le monde entier.  
    Le président américain Barack Obama et le secrétaire d'Etat 
John Kerry considèrent "que toutes les parties en Turquie 
doivent soutenir le gouvernement démocratiquement élu, faire 
preuve de retenue, éviter la violence et les effusions de sang", 
dit la Maison blanche dans un communiqué.  
    Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 2003, est souvent 
taxé d'autoritarisme en Turquie et sa politique étrangère lui a 
valu de nombreuses crises diplomatiques, notamment avec Israël, 
l'Iran, la Russie et l'Union européenne.  
    Ankara reste toutefois un allié essentiel des Etats-Unis, 
qui utilisent la base turque d'Incirlik dans le cadre de la 
lutte contre les djihadistes de l'Etat islamique (EI) et la cite 
souvent en exemple dans le monde musulman, malgré des atteintes 
à la liberté d'expression.  
    Washington a toutefois reproché ces dernières années à la 
Turquie de ne pas faire le nécessaire pour combattre l'EI en 
Syrie. Erdogan s'est quant à lui indigné du soutien des 
Etats-Unis aux rebelles kurdes syriens proches des séparatistes 
du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).  
    Hillary Clinton, candidate démocrate à l'élection 
présidentielle du 8 novembre, a elle aussi exprimé son soutien 
au gouvernement turc et a dit suivre les événements "avec une 
grande inquiétude".  
    A Berlin, le porte-parole de la chancelière allemande Angela 
Merkel, Steffan Seibert, a déclaré que "l'ordre démocratique 
d(evai)t être respecté" et que tout devait "être fait pour 
protéger les vies humaines". 
    A Paris, le ministère des Affaires étrangères a appelé "à 
éviter toute violence et à respecter l'ordre démocratique". Le 
Quai d'Orsay a en outre invité les Français présents en Turquie 
à ne pas sortir de chez eux. 
    Donald Tusk, président du Conseil européen, et Federica 
Mogherini, porte-parole de la diplomatie européenne, qui se 
trouvent en Mongolie pour un sommet du dialogue Europe-Asie, ont 
réclamé le respect de l'ordre constitutionnel.  
    "La Turquie est un partenaire clé pour l'Union européenne. 
L'UE soutient pleinement le gouvernement élu, les institutions 
du pays et l'état de droit", a déclaré Donald Tusk.  
    "La stabilité, la démocratie et la sécurité sont des 
priorités pour le peuple turc", a dit quant à lui Mohammad Javad 
Zarif, chef de la diplomatie iranienne, sur Twitter. 
    La Chine a souhaité le rétablissement de l'ordre et de la 
stabilité au plus vite, par la voix de son ministère des 
Affaires étrangères.  
    En Syrie, des centaines de partisans de Bachar al Assad, 
dont Erdogan est l'un des plus virulents détracteurs, sont 
descendus dans les rues pour célébrer la tentative de coup 
d'Etat et des tirs de joie ont retenti à Damas.  
    Moscou et Tokyo ont également exprimé leur inquiétude par 
les voix de Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, et du 
Premier ministre japonais Shinzo Abe, qui a dit "espérer que la 
situation se normalisera rapidement et que la paix et l'ordre 
seront restaurés".  
    La Turquie a fermé trois postes-frontières avec la Bulgarie, 
a déclaré le ministère bulgare des Affaires étrangères, en 
enjoignant à ses ressortissants d'éviter tout voyage dans le 
pays voisin.  
    Boris Johnson, nouveau chef de la diplomatie britannique, 
s'est lui aussi dit "très inquiet" pour la Turquie, où des 
milliers de Britanniques et d'autres Européens passent leurs 
vacances.   
 
 (Rédactions de Reuters, Jean-Philippe Lefief et Jean-Stéphane 
Brosse pour le service français) 
 
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