REACTIONS-France-Le patronat accueille favorablement le rapport Combrexelle

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PARIS, 9 septembre (Reuters) - Le patronat a salué favorablement mercredi les conclusions de la mission Combrexelle sur la réforme du droit du travail ( ID:nL5N11F2E6 et ID:nL5N11F2LM ), accueillies par des réactions beaucoup plus mitigées des syndicats et des partis. LE MEDEF a salué un "travail audacieux", une "bonne nouvelle" et un "bon point de départ", tout en demandant une application effective et rapide de ses préconisations. "Le Medef restera extrêmement vigilant sur la mise en oeuvre de ces propositions", écrit l'organisation patronale. Pour la CGPME, la mise en oeuvre des recommandations du rapport Combrexelle constituerait un "indéniable progrès". Mais elle estime que le recours à des accords validés par des syndicats représentant au moins 50% des salariés de la branche ou de l'entreprise peut s'avérer "hasardeux" en période de difficultés économiques, voire impossible dans les PME. Elle juge indispensable de rendre possible, dans les PME, le recours à des référendums en cas d'absence d'instance de négociation et regrette que le Premier ministre, Manuel Valls, ait rejeté l'idée de fixer par accord collectif le seuil de déclenchement des heures supplémentaires. L'UNION PROFESSIONNELLE ARTISANALE (UPA) s'est réjouie de la "contribution" de la mission Combrexelle à la réflexion sur la réforme du droit du travail et insiste sur la nécessité d'une concertation "approfondie" avec les partenaires sociaux pour définir le cadre de la future réforme. Côté syndical, la CFDT juge "intéressante" la réflexion de la mission Combrexelle, qui reprend selon elle son analyse sur la nécessité de "construire des normes" au plus près de la réalité du terrain sans réduire la protection des salariés. Elle salue l'idée de donner plus d'espace à la négociation collective "en la mettant au coeur de l'organisation du travail" mais souhaite prendre le temps de la concertation. La CFE-CGC se dit aussi en faveur de l'élargissement de la négociation collective mais propose d'en réserver le bénéfice aux adhérents des organisations syndicales, pour encourager la syndicalisation des salariés. Elle réaffirme par ailleurs son attachement à l'accord de branche, "qui garantie une équité de traitement entre salariés et entreprises de toutes tailles d'un même secteur d'activité". "Sauf à passer à un modèle de codécision à la française, l'accord d'entreprise ne peut prendre le pas sur la branche ou le contrat", explique le syndicat de l'encadrement. FORCE OUVRIÈRE dénonce pour sa part une "inversion des normes" qui ne dit pas son nom et estime que "refonder le code du travail est un aveu d'impuissance économique". Ce syndicat assure cependant ne pas être opposé au débat sur la négociation collective. Du côté des partis politiques, LES RÉPUBLICAINS (LR), principal parti d'opposition de droite, déplore que le rapport Combrexelle ne touche pas à la durée légale du travail, aux salaires et au contrat de travail. "La vraie réforme de la législation du travail n'est pas pour maintenant", écrit le secrétaire national au travail et à l'emploi de LR, le député Gérard Cherpion. A gauche, le député socialiste CHRISTIAN PAUL, chef de file des "frondeurs" du PS, met en cause la logique même du rapport et dénonce une "absence totale d'imagination" du gouvernement. "Favoriser l'emploi ne passe jamais par la perte des protections des salariés", écrit-il dans un communiqué. "Le chômage ne se combat pas par une précarisation accrue des salariés (...) L'application du rapport Combrexelle (...) réduirait à néant la clause la plus favorable qui s'applique au salarié et l'universalité des droits." (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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