REACTIONS-De nombreux pays expriment leur soutien à Ankara

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    * Condamnations des Etats-Unis, de la France ou de 
l'Allemagne 
    * La Russie et l'Iran également inquiets 
 
 (Actualisé avec nouvelles réactions) 
    par Alistair Bell 
    WASHINGTON, 16 juillet (Reuters) - De nombreux pays 
occidentaux, parmi lesquels les Etats-Unis et la France, mais 
aussi des pays considérés comme des rivaux d'Ankara ont condamné 
la tentative de coup d'Etat qui a ébranlé le pouvoir turc dans 
la nuit de vendredi à samedi.  
    Le président américain Barack Obama et le secrétaire d'Etat 
John Kerry considèrent "que toutes les parties en Turquie 
doivent soutenir le gouvernement démocratiquement élu, faire 
preuve de retenue, éviter la violence et les effusions de sang", 
dit la Maison blanche dans un communiqué.  
    Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 2003, est souvent 
taxé d'autoritarisme en Turquie et sa politique étrangère lui a 
valu de nombreuses crises diplomatiques, notamment avec Israël, 
l'Iran, la Russie et l'Union européenne.  
    Ankara reste toutefois un allié essentiel des Etats-Unis, 
qui utilisent la base turque d'Incirlik dans le cadre de la 
lutte contre les djihadistes de l'Etat islamique (EI) et la cite 
souvent en exemple dans le monde musulman, malgré des atteintes 
à la liberté d'expression.  
    Washington a toutefois reproché ces dernières années à la 
Turquie de ne pas faire le nécessaire pour combattre l'EI en 
Syrie. Erdogan s'est quant à lui indigné du soutien des 
Etats-Unis aux rebelles kurdes syriens proches des séparatistes 
du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).  
    Hillary Clinton, candidate démocrate à l'élection 
présidentielle du 8 novembre, a elle aussi exprimé son soutien 
au gouvernement turc et a dit suivre les événements "avec une 
grande inquiétude".  
    Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a pour sa 
part décrit la Turquie comme "un allié estimé au sein de 
l'Otan". 
     
    AYRAULT SALUE LE "COURAGE" DES TURCS 
    Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc 
Ayrault, a également condamné le coup de force en Turquie et 
salué la "grande maturité" et le "courage" de la population 
turque qui s'est engagée "pour le respect de ses institutions". 
    La France espère en outre "que la démocratie turque sortira 
renforcée de cette épreuve et que les libertés fondamentales 
seront pleinement respectées", a également affirmé le chef de la 
diplomatie française dans une déclaration écrite. 
    Son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier, s'est dit 
"profondément préoccupé par les récents développements en 
Turquie". 
    Donald Tusk, président du Conseil européen, et Federica 
Mogherini, porte-parole de la diplomatie européenne, qui se 
trouvent en Mongolie pour un sommet du dialogue Europe-Asie, ont 
réclamé le respect de l'ordre constitutionnel.  
    "La Turquie est un partenaire clé pour l'Union européenne. 
L'UE soutient pleinement le gouvernement élu, les institutions 
du pays et l'état de droit", a déclaré Donald Tusk.  
    "La stabilité, la démocratie et la sécurité sont des 
priorités pour le peuple turc", a dit quant à lui Mohammad Javad 
Zarif, chef de la diplomatie iranienne, sur Twitter. 
    La Chine a souhaité le rétablissement de l'ordre et de la 
stabilité au plus vite, par la voix de son ministère des 
Affaires étrangères. 
    L'Arabie saoudite a elle aussi salué l'échec du coup de 
force. Citant un responsable du ministère des Affaires 
étrangères, l'agence de presse SPA a indiqué que le "royaume se 
réjouissait du retour à la normale sous la direction (...) du 
président Tayyip Erdogan et de son gouvernement élu, 
conformément à la légitimité constitutionelle et aux voeux du 
peuple turc". 
    Rival de la Turquie au Moyen-Orient, l'Iran a également 
exprimé son soutien au gouvernement turc par la voix de son 
ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif. 
    Moscou et Tokyo ont également exprimé leur inquiétude par 
les voix de Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, et du 
Premier ministre japonais Shinzo Abe, qui a dit "espérer que la 
situation se normalisera rapidement et que la paix et l'ordre 
seront restaurés".  
    Boris Johnson, nouveau chef de la diplomatie britannique, 
s'est lui aussi dit "très inquiet" pour la Turquie, où des 
milliers de Britanniques et d'autres Européens passent leurs 
vacances.   
    En Syrie, des centaines de partisans de Bachar al Assad, 
dont Erdogan est l'un des plus virulents détracteurs, sont 
descendus dans les rues pour célébrer la tentative de coup 
d'Etat et des tirs de joie ont retenti à Damas.  
 
 (Rédactions de Reuters, Jean-Philippe Lefief, Jean-Stéphane 
Brosse, Simon Carraud et Nicolas Delame pour le service 
français) 
 
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