RDC-Le pouvoir promet des sanctions contre les anti-Kabila

le , mis à jour à 18:59
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 (Actualisé avec déclarations du procureur général, bilans des 
divers protagonistes, précisions, contexte) 
    par Benoit Nyemba et Amedee Mwarabu 
    KINSHASA, 21 septembre (Reuters) - Des opposants au 
président congolais Joseph Kabila ont continué à manifester en 
petits groupes mercredi dans Kinshasa, où la présence militaire 
renforcée a dissuadé les manifestants de se mobiliser en masse 
après deux jours d'émeutes qui ont fait plusieurs dizaines de 
morts. 
    Le procureur général de la République démocratique du Congo 
(RDC), Flory Kabange Numbi, a indiqué que la police était à la 
recherche de ceux qui sont considérés comme responsables des 
émeutes. Les services de l'immigration les empêcheront de 
quitter le pays, a-t-il ajouté.  
    Témoins et habitants ont indiqué que la vie avait repris son 
cours normal dans la plupart des quartiers de la capitale de la 
RDC, même si des incidents ont été signalés par endroits.  
    Les manifestations ont commencé lundi à l'appel d'un 
rassemblement de l'opposition qui soupçonne Kabila de vouloir se 
maintenir au pouvoir au-delà des deux mandats autorisés par la 
Constitution, soit en retardant le prochain scrutin présidentiel 
soit en modifiant la loi fondamentale comme l'on fait d'autres 
chefs d'Etats africains ces derniers mois. 
    Les mouvements de protestation ont dégénéré en affrontements 
meurtriers avec la police. D'après l'ONG Human Rights Watch, 43 
personnes sont mortes dans ces violences, dont 37 manifestants 
et six policiers. La police congolaise a pour sa part fait état 
de 32 morts, dont 28 civils et quatre policiers. 
    Selon les déclarations du chef de l'opposition Etienne 
Tshisekedi à la télévision belge, les émeutes ont fait une 
centaine de morts. 
    Mercredi, quelques incidents ont encore été signalés. Des 
piles de pneus ont été brûlées dans la matinée par des jeunes en 
colère et les forces de l'ordre ont procédé à des tirs de 
sommation, a indiqué un habitant. 
    L'armée a envoyé une cinquantaine de militaires sur le 
campus universitaire pour empêcher de nouvelles manifestations. 
    La communauté internationale semble de plus en plus 
exaspérée par le gouvernement de Joseph Kabila. Le président 
français François Hollande a qualifié mardi d'"inadmissibles" 
les violences commises en RDC et évoqué "des exactions venant de 
l'Etat congolais lui-même".   
    Les Etats-Unis ont pour leur part fait savoir mardi qu'ils 
étaient prêt à imposer "de nouvelles sanctions ciblées" à 
l'encontre des personnes impliquées dans les violences après les 
sanctions imposées en juin contre un responsable policier pour 
ce qu'ils ont décrit comme une "suppression violente de 
l'opposition".     
 
 (Henri-Pierre André et Danielle Rouquié pour le service 
français) 
 
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