RCA-L'Onu instaure une "zone désarmée" à Bambari

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BANGUI, 9 septembre (Reuters) - Les casques bleus de la Mission des Nations unies en République centrafricaine (Minusca) ont instauré une "zone désarmée" à Bambari, fief des rebelles musulmans de la Séléka en lutte contre les milices chrétiennes "anti-balaka". Les combats ont repris dans cette localité située dans le centre du pays lorsque des miliciens ont décapité un jeune musulman de 19 ans, affirmant agir en représailles à des exactions de la Séléka. "Dans le cadre de notre mandat, dont l'élément central est la protection des civils, nous avons pris aujourd'hui la décision d'établir à Bambari une zone sans armes", a annoncé le secrétaire général adjoint des Nations unies aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous. La mesure, qui doit prendre effet à 17h00, vise à "protéger les civils, assurer leur intégrité physique, permettre la libre circulation des populations, mais aussi garantir l'accès des travailleurs humanitaires aux populations vulnérables", a-t-il ajouté devant la presse à Bangui au terme d'une visite de trois jours en RCA. La guerre entre milices chrétiennes et rebelles musulmans a fait plusieurs milliers de morts et plus de 800.000 déplacés depuis la brève prise du pouvoir par les combattants de la Séléka en 2013. Plus de 3.000 personnes ont fuit le mois dernier les violences à Bambari pour trouver refuge dans une base de la Minusca. PAS DE PROLONGATIONS Hervé Ladsous a toutefois salué la nette amélioration de la situation à Bangui, avant d'insister sur la nécessité d'accompagner les autorités de transition pour assurer le bon déroulement des futures échéances électorales. Les électeurs sont appelés aux urnes le 18 octobre pour désigner un nouveau chef de l'Etat et un nouveau parlement appelés à succéder aux autorités intérimaires actuellement dont le mandat arrive à échéance à la fin de l'année. Toutefois, les préparatifs des scrutins, notamment le recensement des électeurs, ont pris du retard. Le président du parlement de transition a indiqué qu'il était probable que les élections, déjà reportées à plusieurs reprises, le soient à nouveau. Hervé Ladsous a prévenu que cette situation intérimaire ne pouvait pas se prolonger. "Nous sommes clairement dans la dernière ligne droite. Ces élections doivent se tenir avant la fin de l'année et correctement", a-t-il déclaré, insistant sur le fait qu'il n'y aurait pas de troisième transition. "Je crois que le mot transition a un sens bien précis, il y a un calendrier qui a été confirmé par la médiation, par les pays de la région, par les autorités du Conseil de sécurité [de l'ONU]. Cette transition s'achève le 31 décembre 2015, on ne va pas jouer les prolongations", a-t-il précisé. (Crispin Dembassa-Kette, Pierre Sérisier pour le service français)

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